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Cuisinier, chauffeur et livreur à la fois : un mois dans la peau d’un travailleur de plateformes

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Un journaliste belge a tenté de gagner sa vie uniquement grâce aux jobs de la nouvelle économie pendant un mois et en a tiré un livre, "Uberize Me, entre promesses et mensonges" Rencontre.

L’infiltration de Christophe Charlot dans l’économie collaborative a duré un mois. Pour atteindre un objectif de rémunération à 2500€ brut, il a utilisé 5 plateformes:  il a été tour à tour jardinier sur Listminut, cuisinier pour MenuNextDoor, livreur avec Take Eat Easy et Deliveroo et enfin hôte pour Airbnb. Avec ces différents jobs, il a cumulé 135h de travail, parcouru 400km à vélo et préparé 99 repas!

listminute

Les conditions de travail

Sans surprise ou presque, être travailleur de plateforme exige une grande flexibilité mais aussi une excellente organisation pour gérer au mieux un agenda très dépendant de la demande.  « J’ai poussé l’expérience à l’extrême, je devais jongler entre mes différents métiers et horaires. Le travail à horaires décalées ne permet pas un mode de vie très confortable.» relate Christophe Charlot. Le livreur tout comme le cuisinier travaille quand les autres se reposent.

Concernant les revenus, Christophe est mitigé. Il a atteint 85% de son objectif soit 2124€ brut, ce qui honnête pour des services d’amateurs mais pas assez si l’on considère l’effort fourni.

J’ai poussé l’expérience à l’extrême, je devais jongler entre mes différents métiers et horaires.

L’amateurisme a d’ailleurs ses limites et peut mettre le travailleur consciencieux dans des positions inconfortables. « En tant que jardinier débutant, je faisais des choses que je n’avais pas l’habitude de faire. Par exemple, j’ai accepté de déterrer une souche de noisetier mais quelle galère ! ». Les mésaventures ne manquent pas lorsque l’on se lance sur les plateformes : problèmes d’itinéraires, recettes ratées, problèmes de clés… Travailleurs, travailleuses, soyez prévenus !

Vidéo : Christophe Charlot filme son expérience de livreur Deliveroo

Et que penser des relations avec l’employeur-plateforme ? « Ils ont besoin que ça tourne sans trop intervenir. » explique Christophe Charlot. L’expérience en ligne est excellente, en revanche les contacts téléphoniques sont limités au strict nécessaire.

Les points positifs

« Le gros intérêt de ces plateformes et de ces petits jobs est de créer une activité rémunératrice pour des personnes avec peu de qualifications et qui ont envie de travailler. » reconnaît Christophe.

Dans certains cas, les plateformes servent de tremplin pour des personnes en création d’activités. Elles permettent de tester de nouvelles compétences dans un cadre professionnel. Par exemple, on trouve sur MenuNextDoor des traiteurs qui utilisent la plateforme pour se faire une clientèle et récupérer des feedbacks qui leur servent à améliorer leur service.

Conclusion

159-29-l-economie-collaborative-entre-promesses-et-mensonges_image_articleD’une certaine manière, les plateformes préparent au futur du travail : cumul de plusieurs jobs, impératif de flexibilité,  une plus grande liberté dans la façon de gérer la charge de travail, le tout allant de pair avec une précarisation croissante.

De l’autre, elles créent des jobs que l’on sait déjà voués à disparaître : ceux de chauffeurs et de livreurs notamment. Uber ne se cache pas de vouloir dès que possible exploiter une flotte de voitures autonome. « Et la Poste suisse a testé avec succès la livraison par robots », rapporte Christophe.

 

Vous pouvez poursuivre la réflexion avec son livre UberizeMe, l’économie collaborative entre promesses et mensonges.

 

Le 30 décembre 2016


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