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Hello Jam, quand les big data se mettent au service du bien commun

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Rencontre avec Marjolaine Grondin, la créatrice de Hello Jam, une plate-forme conversationnelle qui guide les jeunes dans leurs loisirs.

Et si les algorithmes et les mégadonnées (« big data ») servaient à autre chose qu’à des fins mercantiles ? Et si, au sein de l’intelligence artificielle (IA), naissait un dessein altruiste et, citoyen, qui crée du partage ? Marjolaine Grondin a décidé de répondre à ces interrogations en investissant le domaine du temps libre. Cette jeune diplômée de Sciences-po et d’HEC a créé Hello Jam en mars 2015, une plate-forme conversationnelle qui propose aux étudiants et jeunes travailleurs d’optimiser leurs choix quotidiens et d’utiliser au mieux leurs loisirs. Avec pour ambition de proposer un service qui casse les habitudes et brise les solitudes plus que l’appât du gain.

Hello Jam est une intelligence artificielle dont la suite de techniques algorithmiques permet de répondre avec précision à la demande des utilisateurs. Ce que fournissent ces lignes de codes nourries par les programmeurs, c’est une réponse immédiate — et gratuite — à un besoin ou à une envie dans le style d’une conversation de tous les jours.

« Hello Jam agrège des bases de données existantes qui ont toutes un rapport avec la vie quotidienne des jeunes et qui deviennent ainsi plus facilement accessibles », poursuit Marjolaine Grondin. La plate-forme donne aussi bien des conseils de films ou de restaurants, que des tuyaux pour trouver un job d’été, et fournit même un appui pour les démarches administratives. 30 % des réponses sont entièrement données par les machines, 50 % à la fois par des humains et les machines, et 20% par les programmeurs seuls. Mais la part des algorithmes devrait rapidement devenir majoritaire si les appels se multiplient.

Marjolaine Grondin  investit le domaine du temps libre pour offrir  un service fondé sur un projet altruiste plutôt que mercantile.
Marjolaine Grondin
investit le domaine du temps libre pour offrir
un service fondé sur un projet altruiste plutôt que mercantile.

La start-up compte se rétribuer grâce à des espaces publicitaires vendus à des entreprises intéressées par la cible étudiante. Et les Francophones ne sont pas les seuls visés. Dès l’an prochain, Hello Jam se déclinera dans une autre langue qui n’a pas encore été choisie. À l’origine du projet, Marjolaine Grondin a invité une vingtaine d’étudiants à exposer leurs envies soit en réunion, soit par e-mails. « Dès qu’une idée émergeait plus de trois fois dans nos échanges de post-it et de messages, l’ingénieur l’intégrait à la plate-forme », poursuit-elle. L’intelligence artificielle n’est pas ici un outil imposant ses choix, mais le réceptacle des demandes et exigences des utilisateurs.

De fil en aiguille, plus de 800 étudiants ont participé au processus de création. « L’ambition de la plateforme, c’est que l’utilisateur sorte du conformisme, cherche la surprise et la nouveauté avec des valeurs de bienveillance et d’ouverture d’esprit », poursuit la jeune femme. Hello Jam a ainsi suscité l’intérêt d’investisseurs qui ont misé 1 million d’euros lors d’une levée de fonds. Et le Liberté Living-Lab* les a invités à rejoindre le nouveau lieu de la «Tech for Good ».

 

* Liberté Living-Lab : la nouvelle « sociale vallée » française

Le Liberté Living-Lab a ouvert le 18 octobre dans le Sentier, quartier parisien des start-up. Sur cinq étages, se regrouperont des entreprises qui utilisent l’intelligence artificielle dans des buts civiques et sociaux. « Ces jeunes créateurs ont décidé de mettre leur connaissance du big data au service de la recherche d’emploi ou l’aide aux devoirs par exemple, il faut donc les épauler mais aussi les fédérer en un lieu unique », expose Jérôme Richez, l’un des fondateurs du lieu. À terme, 200 personnes travailleront sur le site.

 

 

 

 

Le 6 janvier 2017


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