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Un jardin et des espaces partagés en plein Paris, c’est possible au Lavoir !

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Le Lavoir du buisson Saint-Louis est l’un des premiers projets d’habitat participatif à Paris intra-muros. Installé à Belleville depuis plus de 30 ans, il fait toujours figure d’exemple et inspire à partager plus qu’un code d’entrée avec ses voisins.

« On est chacun chez soi mais lorsque l’on sort de chez nous, on est encore chez nous. Dehors, on peut jardiner, bricoler et laisser aller les enfants. »  raconte Philippe Mollon-Deschamps, copropriétaire au Lavoir du Buisson Saint-Louis et membre actif de l’association Eco Habitat Groupé.

Philippe n’habite pas un immeuble classique : il habite au Lavoir. La différence ? Plusieurs terrasses, jardins, une laverie, une salle et une cuisine partagés par tous les habitants. C’est au début des années 80 que 12 familles se rassemblent pour se lancer dans ce qu’elles appelleront plus tard « une aventure » et transformer un lavoir industriel du 19ème siècle en un bâtiment mêlant habilement logements individuels et espaces communs.

L’architecte voit à long terme et anticipe les différents événements de la vie : arrivée puis départ des enfants, divorce, déménagement etc. Il conçoit des appartements modulables : plusieurs portes donnant vers l’extérieur pour pouvoir diviser chaque appartement, une structure qui permet des extensions.  Les espaces communs sont nombreux et pensés pour que les habitants aient à traverser le lieu, encourageant ainsi les rencontres.

Au Lavoir, il y a un va et vient régulier, et les voisins se saluent tous par leurs prénoms. Ce n’est pas grand-chose et pourtant on le remarque tout de suite.

lavoir buisson saint louis

 

La gestion des communs

L’habitat participatif permet d’avoir plus d’espace et de réduire les coûts en mutualisant certains équipements. Reste à inventer la manière dont sont gérés collectivement ces communs. La salle commune et la laverie sont deux espaces emblématiques du lieu et font l’objet d’une véritable optimisation.

La salle commune est très souvent occupée : soit par les habitants du Lavoir qui peuvent la réserver pour toutes sortes d’évènements (répétitions de théâtre, concerts, réunions familiales etc.) soit par des associations ou copropriétés qui ont la possibilité de réserver la salle pour leurs activités. Grâce à ce système, la salle ne coûte absolument rien aux copropriétaires du Lavoir.

lavoir buisson saint louis

 

lavoir buisson saint louis

Les machines à laver fonctionnent à plein régime selon un planning défini au préalable : le partage permet de satisfaire les besoins de maintenant 15 foyers avec seulement 3 machines à laver et séchoir.

Après avoir testé plusieurs méthodes, le Lavoir fait appel à un syndic extérieur qui gère l’administratif.

 

lavoir buisson saint louis

Quant aux espaces extérieurs, ils sont entretenus par tous : ils se relayent pour trier le courrier, sortir les poubelles et gérer le bac à compost.

« Et toutes les boîtes aux lettres sont ouvertes, ça vous ne le verrez pas ailleurs. »

Leurs secrets de longévité

Malgré la motivation des copropriétaires, la vie en collectivité est aussi source de tensions.  Dépasser les conflits du quotidien demande au collectif de rester adaptable et créatif.

Parmi les bonnes idées mises en place au Lavoir, il a le week-end Karcher : 2 journées dédiées au grand nettoyage des parties communes pour tous les copropriétaires – transformant ainsi une corvée en un rassemblement festif. Ils organisent également un petit marché de Noël dans la salle commune : l’opportunité de valoriser le travail et de donner de la visibilité aux artistes et artisans de la copropriété.

we-karcher-2016

lavoir buisson saint louis

Et le lieu continue d’évoluer selon les besoins et les envies : par exemple, une place de parking privative a été transformée en parc à vélos  pour la collectivité.

L’entraide est l’autre élément clé pour que vivre ensemble soit un plaisir. « Nous avons tous financé les travaux permettant de rendre le lieu accessible aux handicapés, suite à l’accident d’une des copropriétaires » explique Philippe Mollon-Deschamps.

« Il se met en place une solidarité naturelle quand les gens se connaissent et s’apprécient. »

Si le sujet de l’habitat groupé et autogéré vous intéresse,  le livre docu-fiction Commun Village vient de paraître aux éditions Repas et retrace avec humour et justesse l’aventure de groupes ayant conçu leur habitat.

Le 21 octobre 2016


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