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Coworking : L’Anticafé lève un million d’euros et veut s’étendre à l’Europe

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Entre l'open-bar et le salon de thé, voici l'anticafé, un bistrot où on paie à l'heure et non pas à la consommation. Et le concept séduit : la franchise part à l'assaut de la France et de l'Europe.

Un matin de juin. Alors que la pluie tombe doucement sur Paris, je pousse la porte d’un petit bistrot à deux pas de République pour m’y réfugier. Mais pas n’importe lequel : il s’agit de la nouvelle antenne de l’anticafé à Paris.

Créé en 2013, ce nouveau concept de bar a déjà essaimé dans 4 quartiers parisiens ainsi qu’à Aix-en-Provence et Rome. Son secret ? On y paie non pas les consommations mais le temps qu’on y passe. Une offre qui séduit autant les amateurs de coworking que de jeux de société.

« Il fallait s’adapter aux nouveaux usages. Le nombre de bistrots est passé en France de 200 000 dans les années 1960 à seulement 30 000 de nos jours. C’est triste car ce sont des lieux de vie que le numérique ne remplacera jamais », se désole Nicolas Perrot, l’un des cofondateurs de l’Anticafé qui m’a rejoint ce matin.

(Crédit : Jean-Jacques Valette)
(Crédit : Jean-Jacques Valette)

La décoration du lieu est chaleureuse. Avec ses murs en brique et son parquet, elle rappelle celle d’un loft ou un espace de coworking. Au milieu, on trouve une grande table en bois avec des prises pour brancher des ordinateurs. Sur les côtés, des petites tables pour s’asseoir seul ou à plusieurs. Et dans un coin, des poufs et des jeux de société.

Agriculture raisonnée

Ici il n’y a pas de serveurs, c’est à vous d’aller au comptoir. Enfin presque, car il n’y aurait pas d’anticafé digne de ce nom sans son antibarista. Celui-ci vous aide à magner le percolateur ou à vaincre votre timidité pour vous servir dans le frigo. Le comptoir rappelle la cuisine d’une auberge de jeunesse, mais très propre et remplie de choses à manger. En plus du thé et du café, on y trouve des tartes, des biscuits, des tortillas et même des cakes aux légumes. Le tout, fait avec des produits locaux et issus de l’agriculture raisonnée.

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Le prix ? Cinq euros de l’heure tout inclus, avec un plafond de 24 euros par jour et par personne . Pratique si on s’endort dans un des poufs. Un tarif très raisonnable dans une ville où une simple théière peut coûter cinq euros.

« Notre idée de départ, c’était d’ouvrir un bar où on pourrait travailler tranquillement sans se sentir gêné de rester plus d’une heure après avoir bu son café », explique Nicolas Perrot.

Un tiers de coworkers

L’offre a sut séduire les amateurs de coworking. Ils sont plus du tiers des clients ce matin. Le prix est en effet assez proche de celui d’un véritable espace de travail : comptez 240 euros par mois pour profiter du WiFi et de l’imprimante. « Mais il y aussi des étudiants, des associations ou des gens qui viennent juste lire ou faire des jeux de société », constate Nicolas Perrot.

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Nicolas Perrot, l’un des cofondateurs de l’anticafé (Crédit : Jean-Jacques Valette)

Avec son anticafé, le jeune entrepreneur espère rebâtir du lien social. En plus de favoriser des rencontres, le lieu héberge plusieurs fois par mois, des événements mêlant artistes, activistes et startups.

On croit vraiment à un nouveau modèle basé sur la bienveillance. Quand on a commencé, on nous a dit vous connaissez pas les Français, ils vont venir avec leurs tupperwares  et vous ruiner ! » raconte Nicolas Perrot.

Résultat : trois ans après sa création, la franchise vient de lever 1 million d’euros auprès d’investisseurs. Après Paris, Aix et Rome, une cinquantaine d’anticafés devraient ouvrir en Europe d’ici la fin de l’année. Prochaines villes ? Nantes, Bordeaux, Toulouse et Lyon.

 

Le 8 juillet 2016


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