Guide consocolaborative

Et si vous hébergiez une startup dans votre appartement ?

Partager [pssc_facebook] [pssc_twitter]

Office Riders permet aux entreprises ou aux indépendant de louer le logement de particuliers pour travailler ou pour des évènements. Moins chère que le coworking, la formule a déjà séduit des centaines d'utilisateurs réguliers.

Agathe Dutreux habite les beaux quartiers, pas loin de la Tour Eiffel. Lorsqu’elle a arrêté de travailler pour entrer en formation, son loyer est devenu trop important. Alors depuis plusieurs mois, elle sous-loue une partie de son appartement… à une startup. « Les employés viennent trois jours par semaine, je leur loue deux-pièces à vivre pour 700 euros par mois, témoigne Agathe. On partage la cuisine et lorsqu’ils sont là, je vis dans chambre ! »

C’est en lisant le journal qu’Agathe est tombée sur un article parlant d’Office Riders. Depuis 2015, cette startup propose aux particuliers de louer une pièce de leur logement à des entreprises, pour des évènements, ou pour des tournages. « On est un peu le Airbnb des espaces de travail », résume le fondateur Florian Delifer, qui partie sur l’attractivité économique de sa formule. Par rapport à un espace de coworking on est plus abordables, car on recycle des lieux qui existent déjà. »

Du studio au grand appart

Florian Delifer veut répondre à une double demande. D’un côté, des entreprises qui cherchent à sortir de leurs murs ou à faire des économies. De l’autre, des particuliers qui disposent d’espaces sous-utilisés pendant la journée. D’abord lancé sur la région parisienne, Office Rider « officie » aujourd’hui dans plusieurs grandes villes françaises comme Nantes ou Strasbourg mais aussi dans une moindre mesure à Bruxelles ou à Amsterdam.

resize-3
L’équipe de Office Riders © Office Riders

Au total, quelques 1 500 appartements seraient listés sur la plateforme et 1 000 postes de travail seraient loués chaque mois. « Ca va du joli studio dans le Marais parisien au grand appartement sur les Champs-Élysées, détaille Florian Defiler. Ce sont souvent des gens sensibles à l’économie collaborative, certains louent même leur salon la journée sur notre plateforme et leur chambre le soir sur Airbnb ». Certains hôtes proposent aussi leurs compétences aux entreprises qu’ils hébergent, comme cet avocat qui propose un soutien juridique.

Du côté des locataires, la plupart des entreprises louent des espaces pour une courte durée, voir pour une journée le temps d’un évènement, mais certaines s’installent aussi durablement chez leur hôtes. « J’ai eu une graphiste indépendante qui n’arrivait pas à se concentrer chez elle et venait chez moi pour changer de cadre », témoigne Agathe Dutreux. Des consultants utilisent également la plateforme pour recevoir des clients ou réaliser des séances de coaching.

Flou juridique

Office Rider a été imaginé à San Francisco alors que Florian et un associé cherchaient justement à lancer une startup. « On avait pas d’argent et on logeait dans un appart qui avait été transformé en espace de coworking par son hôte, raconte le fondateur. Avec l’explosion du travail nomade, on s’est dit qu’il y avait là un marché. » Après avoir participé au festival Futur En Seine et lancé une première version du site, la startup a réalisé une levée de fonds de 500 000 euros sur la plateforme de crowdequity SmartAngels.

resize-4
Dans un appartement © Office Riders

« Le principal défi, c’est aujourd’hui de répondre aux exigences des entreprises qui passent par notre plateforme, notamment le niveau d’équipement des espaces », juge Florian Delifer. Alors qu’Airbnb et ses utilisateurs doivent désormais s’acquitter d’un certain nombre de taxes, Office Riders profite pour l’instant d’une zone de flou au niveau juridique : « il n’existe pas de cadre légal pour la location à la journée ». En attendant, la startup utilise régulièrement sa plateforme pour louer une partie de ses propres locaux, près de Bastille à Paris.

 

Photo de une :  © Office Riders

 

Le 12 janvier 2017


Comments

comments

Sur le Même sujet