Guide consocolaborative

Extinction Rebellion, le mouvement international qui prône la révolte face à l’inaction climatique

Partager [pssc_facebook] [pssc_twitter]

Né en Angleterre, ce mouvement anonyme et décentralisé appelle à la rébellion et la désobéissance civile face à l’urgence climatique. Sittings, blocages, perturbations événements, boycotts : autant de nouvelles formes de mobilisations que ses membres revendiquent pour éveiller les consciences et faire bouger les politiques. Rencontre avec l’équipe récemment créée en France.

Pourquoi se placer sous le signe de la rébellion est-il devenu aujourd’hui nécessaire ?

La rébellion vient comme une conclusion à tout un tas de mobilisations, collectives ou individuelles. Cela fait des années que les militants signent des pétitions, organisent des marches, interpellent les politiques, changent leurs comportements. Les scientifiques tirent la sonnette d’alarme à répétition. Mais les gouvernements ne font rien, ils continuent comme si de rien n’était. La situation est devenue tellement grave que nous ne pouvons plus attendre. La rébellion que nous sommes en train de mener est la façon la plus efficace de faire comprendre à un maximum de monde l’urgence absolue de la situation et sa gravité, afin d’avoir une mobilisation massive et forcer les gouvernements à réagir à la mesure de ce qu’il est nécessaire de faire.

Quels sont les champs d’action d’Extinction Rebellion ?

Nous exigeons la reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet. La réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025, grâce à une réduction de la consommation et une descente énergétique planifiée. L’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant. La création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable. Pour atteindre ces objectifs, nous cherchons à mobiliser un maximum de monde dans des actions de désobéissance civile non violente très diverses, dont certaines auront plus pour objectif de sensibiliser l’opinion publique, et pour d’autres, perturber l’économie et forcer ainsi les gouvernements à faire des choix et à agir.

Comment le mouvement est-il passé de France à l’Angleterre ?

En novembre 2018, un petit groupe de personnes (qui souhaitent rester anonymes) lancent Extinction Rebellion France, répondant ainsi à l’appel d’Extinction Rebellion pour l’extension internationale du mouvement. S’ensuit la mise en place d’outils en ligne sécurisés pour que des membres puissent rejoindre Extinction Rebellion France et participer à sa création. Reflet des valeurs de décentralisation et d’horizontalité portées par XR, ces outils sont pensés pour que l’organisation soit généralisable aux groupes locaux constituant le mouvement.

La moindre violence répressive de la part de l’état ne fera que nous attirer davantage de sympathie de l’opinion publique.

Quels sont vos projets en France ?

Le 24 mars aura lieu notre Journée de Déclaration de Rébellion, place de la Bourse à Paris. À cette occasion il y aura diverses prises de paroles de membres d’Extinction Rébellion France ainsi que des intervenants plus connus, des ateliers pour faire connaître le mouvement, pour les enfants, de la musique, etc. Par cet événement, nous annonçons le début de nos actions de désobéissance civile non violente en France.

Le durcissement des outils de répression contre les activistes et les manifestants en Europe vous inquiète-t-il ?

Nous sommes évidemment inquiets par le durcissement des lois contre les manifestations, les arrestations arbitraires et les perquisitions, la surveillance sans justifications de militants pour l’environnement. Mais cela ne nous freinera en rien. Nos actions seront entièrement pacifiques et non violentes, sans aucune casse. La moindre violence répressive de la part de l’état ne fera que nous attirer davantage de sympathie de l’opinion publique. Nous œuvrons pour le bien commun.

 

NDLR : Extinction Rebellion n’est pas le premier mouvement à prôner l’action non violente pour l’environnement. Alternatiba, ANV COP21, Greenpeace, entre autres, l’utilisent également.

Le 8 mars 2019


Comments

comments

Sur le Même sujet