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Comment six amis ont formé une communauté de 1 000 bénévoles associatifs en deux ans

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En 2016, six amis prennent conscience de tout ce que le bénévolat peut leur apporter au quotidien. Ils créent une page et une communauté qui a effectué près de 5 000 heures de bénévolat. Rencontre avec Maxence Couturier, un des initiateurs de cette « Fourmilière ».

Comment es-tu tombé dans le bain du bénévolat ?

Nous nous sommes rencontrés aux Philippines, où nous faisions un volontariat international pendant six mois pour l’ONG Gawad Kalinga. Au retour, nous voulions continuer à nous engager. Mais revenus dans le train-train quotidien, nous avons un peu perdu de cette énergie. Se lancer dans une activité régulière de bénévolat n’était pas si évident. Mais un jour, nous nous sommes remotivés entre amis de façon toute simple. « Allez ! Allons faire une maraude samedi prochain. Juste une fois, et si c’est sympa, on recommencera ! »

Comment est ce que c’est ensuite devenu une communauté aussi importante ?

La communauté s’est créée uniquement par bouche à oreilles. Nous avons commencé par nos amis, puis les amis de nos amis, nos collègues, nos voisins… Nous avons créé un groupe Facebook, sur laquelle toutes les « Fourmis » peuvent inviter n’importe qui à nous rejoindre. Une fois dans la tribu, l’objectif de La Fourmilière est que chaque fourmi fasse ses premiers pas. En bref, notre mission est de faire sauter les clichés qui entachent le bénévolat : de nombreuses missions sont cools, marrantes, ponctuelles, accessibles… Aujourd’hui, nous sommes 2800 et 4800 heures de bénévolat ont été fournies !

L’équipe rapprochée de la Fourmilière. Maxence porte les lunettes.

Avec quelles associations travaillez-vous ?

Nous travaillons avec toutes les associations qui respectent nos critères : celles qui arrivent à rendre le bénévolat fun, accessible et spontané. Sur le terrain, nous rencontrons petit à petit des initiatives qui nous correspondent : Singa ou Wintegreat qui aident les demandeurs d’asile, Dans Ma Rue ou La Balade des Lucioles qui font des maraudes dans une ambiance géniale, Veni Verdi ou La Sauge pour faire de l’agriculture urbaine, Moissons Solidaires qui fait du glanage et de la redistribution d’invendus sur les marchés parisiens… Chaque fourmi peut ensuite aller sur notre calendrier en ligne pour s’inscrire à un de nos bénévolats. Une fourmi référente de l’association l’aiguille pour sa première fois.

Comment fédérez-vous votre communauté ?

Je pense que les jeunes ont une envie, plus forte encore que leurs aînés de s’engager ; pour autant le quotidien mouvementé fait qu’ils ont du mal à continuer sur le long terme. Leur permettre de faire un test, de participer ponctuellement à des actions bénévoles, c’est donner aux réticents l’envie de s’engager pour la cause qui leur correspond. En nous croisant sur le terrain, nous nouons des liens avec des bénévoles, les fourmis, les associations et les bénéficiaires. Et puis il y a notre recette secrète : tous les mois, nous organisons une FourmiBière : une soirée ouverte à tous.

Est-ce que vous travaillez à côté et quelle la suite pour la Fourmilière ?

Nous avons tous un CDI à côté. La Fourmilière, c’est soir et weekend ! Mais c’est aussi ça, certainement, qui nous a obligés dès le début à trouver des relais auprès de notre communauté. Impliquer les bénévoles est primordial si nous souhaitons motiver davantage de membres à découvrir ce qui se passe sur le terrain. À terme, nous voulons que d’autres reprennent le flambeau et que La Fourmilière soit portée par des centaines de fourmis disséminées !

 

Le 9 novembre 2018


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