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Co-recyclage : les déchets des uns font le bonheur des autres !

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Véritable « Bon Coin du gratuit », cette plateforme lancée en 2012 permet de proposer ou de rechercher des objets pour éviter qu’ils ne finissent à la décharge. Elle vient d’intégrer la promotion 2015 des Acteurs du Paris durable.

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Matériaux issus du démontage de l’exposition Monumenta, au Grand Palais (Juin 2014) © Co-recyclage

Gazinière, haltère, télé, table ou ordi : on trouve de tout sur co-recyclage. Mieux, on le trouve gratuitement. Après une brève inscription, chacun est libre de proposer ou de rechercher sur cette plateforme tout type d’objets et de matériaux. Et ca marche : depuis son lancement en 2012, co-recyclage totalise 60 000 utilisateurs. En 2014,  pas moins de 150 tonnes de matière y sont passées : 67 par redistribution, et le reste par une valorisation dans les filières de recyclage.

 

Lutte contre le gaspillage et économie circulaire sont autant de valeurs qui motivent le geste des donneurs. Mais pas seulement, explique Renaud Attal, co-fondateur de la plateforme. « Pour certains, c’est aussi une manière de se débarrasser rapidement d’objets inutiles, plutôt que de marchander sur une autre plateforme pour finalement vendre à un prix dérisoire. » Et de raconter l’histoire de ce hangar agricole de 1500 m2 que son propriétaire avait posté sur la plateforme pour pouvoir le démonter au plus vite et libérer le terrain ! Du côté de ceux qui récupèrent, pas seulement des bobos adeptes de la récup’, « mais aussi des gens vraiment dans le besoin, à qui on ne demande pas de se justifier comme chez Emmaüs ». Enfin la plateforme est également créatrice de lien social, avance Renaud Attal. « Cela permet de faire des rencontres dans votre quartier ».

 

Connecter l’offre et la demande

 

Un bon coin du gratuit ? Oui mais pas que. L’objectif de co-recyclage est de connecter l’offre et la demande de matériaux et objets entre particuliers, mais aussi associations et entreprises. Pour cela, l’équipe se déplace sur le terrain pour voir si le matériel laissé par les uns peut intéresser les autres. Le SenseCube, espace de co-working pour entrepreneurs sociaux, a ainsi hérité des armoires du ministère de la Santé.

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« On réfléchit même avec Bouygues Immobilier à réutiliser les matériaux d’un immeuble qui va être démoli au sein de bâtiments écologiques en construction », raconte le co-fondateur. Une plateforme spéciale pros devrait voir le jour pour permettre aux artisans, artistes et entrepreneurs sociaux de récupérer plus facilement le matériel dont se débarrassent les grandes entreprises.

 

Service aux entreprises

 

Ce choix permet à la plateforme de trouver son modèle économique, en proposant des services aux entreprises ou aux collectivités territoriales. La mairie de Puteaux a ainsi son interface dédiée pour permettre aux habitants et aux acteurs économiques de « co-recycler » objets et matériaux au sein de la municipalité.  Chez Aéroports de Paris, co-recyclage ne sert pas uniquement la politique RSE. La plateforme est venue remplacer les vieux tableurs excels pour optimiser les stocks. « Avant d’acheter un nouveau siège, on peut vérifier si cet équipement n’est pas déjà disponible ailleurs dans l’entreprise. »

 

Nominé pour la promotion 2015 des Acteurs du Paris durable, co-recyclage est également incubé au sein du Social Good Lab, dédié aux entreprises sociales technologiquement innovantes, et emploie quatre personnes. Parmi les projets : nouer des partenariats pérennes, notamment avec le monde du spectacle et des expositions qui utilisent beaucoup de matériaux pour les scénographies. Et surtout, sortir de Paris pour connecter faire co-recycler toute les villes de France. Quant à l’international, « une version anglaise est dans les cartons », assure Renaud Attal.

Côme Bastin / @Come_Bastin

Le 21 mai 2015


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