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Circuits courts, consigne, tri : une « Maison du Zéro Déchet » se prépare à Paris

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Une campagne de crowdfunding est en cours pour financer l'ouverture de ce temple du Zéro Déchet qui accueillera un concept-store, des produits issus de circuits locaux et plusieurs associations. Entretien avec Flore Berlingen, présidente de Zero Waste France.

Côme Bastin : Après le lancement de Zero Waste France il y a deux ans, après le Zero Waste Festival, vous préparez aujourd’hui l’ouverture de la Maison du Zéro déchet à Paris. Avec quels objectifs ?

Flore Berlingen : Lors du Zero Waste Festival, qui a rassemblé 5 000 personnes, nous avons été surpris par l’appétence du public pour les ateliers pratiques, dont on pensait qu’ils ne feraient pas le plein. Cela traduit une demande, un besoin de se réapproprier des savoirs-faire que nos grands-parents maîtrisaient parfois. L’espace boutique attelé aux ateliers, où l’on pouvait trouver une sélection de produits qui facilitent le passage au mode de vie zéro déchets a aussi rencontré un franc-succès. La Maison du Zéro Déchet a été pensée pour faire cela toute l’année, dans la continuité du mouvement qui existe depuis 2 ans.

Qu’est ce qu’on va y trouver concrètement ?

Le rez-de-chaussée sera un espace de vente et de démonstration pour des objets dont il faut s’approprier l’usage : des gourdes, des boîtes pour acheter en vrac, des sac à vrac, des cotons et couches lavable, des lombri composteurs… Ca sera un concept store, dans lequel des entrepreneurs pourront présenter leur produits. On y trouvera aussi une sélection de boissons et aliments uniquement en emballage consigné. On a pas vocation à faire concurrence aux Biocoops ou aux épiceries spécialisées, l’idée est de travailler avec des producteurs ultra locaux. On trouvera par exemple de la bière fabriquée à Pantin dont les bouteilles seront lavés chez Jean Bouteille, toujours à Pantin. Au deuxième étage auront lieu des débats et ateliers en petits groupes et au troisième, on installera nos bureaux ainsi que des acteurs amis.

Parlez-nous de la campagne de crowdfunding en cours.

On vise 20 000 mais notre objectif interne est 30 000 car on a pas mal de besoin en travaux et d’équipement. Au delà, cette campagne est importante pour montrer aux élus parisiens qu’il y a une vraie demande et peser dans la balance pour l’obtention du local. Le lieu qu’on a en vue est un local rue de Crimée car beaucoup d’acteurs du zéro déchet sont à proximité. En participant à la campagne de financement, on peut obtenir des kits de démarrage zéro déchets, des places dans les futurs ateliers ou même bénéficier d’un atelier sur mesure pour les plus gros contributeurs. On veut aussi associer les contributeurs de la campagne à la programmation lors de première journée de brainstorm qui aura lieu le samedi 5 novembre.

L’engouement récent du grand public pour les problématiques liées aux déchets est-il durable ?

De plus en plus de particuliers s’engagent dans un mode de vie zéro déchets et l’affichent. Il y a aussi une écosystème entrepreneurial dynamique notamment dans la collecte et la logistique autour des flux de déchets. Cela va de grands industriels comme Veolia ou Suez a de toutes petites initiatives comme la Tricyclerie à Nantes ou la Réserve des Arts. Les territoires zéro déchets ont aussi le vent en poupe alors qu’il y 5 ans, on se faisait traiter d’utopistes lorsqu’on parlait zéro déchet aux élus locaux. Est ce que ça dépassera le stade des incantations et des postures ? Il est encore trop tôt pour le savoir.

Le 27 octobre 2016


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