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Wheeliz, l’autopartage entre particuliers à mobilité réduite

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Dans la famille des sites de location collaboratifs, demandez Wheeliz. La plate-forme qui propose aux particuliers handicapés de louer leur véhicule aménagé, a été lancée en mai 2015 par une jeune femme elle-même en fauteuil roulant, Charlotte de Vilmorin.

Wheeliz ne possède pas de véhicules en propre : elle entend mutualiser les quelque 100 000 voitures aménagées pour les personnes handicapées moteurs qui appartiennent à des particuliers en France. Aujourd’hui, la plateforme regroupe 300 véhicules et compte 2 800 inscrits. A peine la moitié d’entre eux sont cependant handicapés. Les autres sont des personnes âgées qui rencontrent des contraintes similaires. Charlotte de Vilmorin entend « casser les prix » pour rendre accessible la location de ces véhicules aménagés notamment aux handicapés demandeurs d’emploi, qui représentent 8,4 % des chômeurs selon l’Agefiph, l’organisme en charge de leur insertion professionnelle. L’allocation aux adultes handicapés ne s’élève en effet au mieux qu’à 808 euros mensuels alors qu’acquérir et aménager une voiture avec une rampe d’accès pour fauteuil peut coûter jusqu’à 100 000 euros, selon le Centre de ressources et d’innovation mobilité handicap (Ceremh).

Un maillage territorial dense

Chez Wheeliz, tout ou presque passe par Internet. L’inscription est gratuite, les locataires listent leurs besoins, les propriétaires donnent les caractéristiques de leur véhicule et le paiement s’effectue en ligne. Le reste est évidemment affaire de proximité pour l’échange des clés. Les véhicules les plus classiques sont loués une quarantaine d’euros la journée, contre environ 70 euros auprès d’une agence professionnelle. La plate-forme prélève 30 % du prix des locations pour ses frais de gestion et d’assurance. Se reposer sur les particuliers permet un maillage territorial plus dense que la location classique. « Le marché n’est pas suffisant pour créer des agences aux quatre coins de la France », souligne Pierre Folliot, cofondateur et cogérant d’Handynamic, une structure de location-vente de véhicules aménagés basée dans le Nord. Il est régulièrement obligé de refuser des demandes du fait de leur éloignement géographique. Son entreprise a donc soutenu Charlotte de Vilmorin dans les études préalables à son projet. Pour se lancer, Wheeliz a récolté 21 000 euros de crowdfunding et bénéficié d’une bourse French Tech de BPI France à hauteur de 30 000 euros, ainsi que du prix du meilleur projet d’innovation sociale délivré par la Commission européenne (50 000 euros). L’entreprise prévoit une nouvelle levée de fonds l’hiver prochain.

ABCUn accueil non unanime

Cette plate-forme n’échappe cependant pas aux critiques classiques : certaines agences professionnelles dénoncent une concurrence déloyale, alors qu’elles-mêmes doivent investir dans des véhicules. Les voitures sont souvent aménagées en partie grâce aux aides versées par les maisons départementales des personnes handicapées. Est-il bien logique de percevoir des revenus grâce à ces aides ? Charlotte de Vilmorin balaie la critique : même avec ces subventions, les prix des véhicules restent beaucoup trop élevés pour que cela devienne une rente. La cheffe d’entreprise voudrait aussi développer deux nouvelles offres : un service d’acheminement des voitures et des chauffeurs à la manière d’Uber, mais pour les personnes à mobilité réduite. Pour cela, la start-up envisage de recourir à des chauffeurs auto-entrepreneurs, s’exposant ainsi à un autre écueil : être accusée de saper les fondements de la protection sociale et du droit du travail.

 

 

 

Le 31 août 2016


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