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Cette startup veut donner les mêmes droits aux freelances qu’aux salariés

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Wemind fédère une communauté de 1 000 indépendants avec l’objectif de faciliter leur accès au soin, au logement mais aussi à la culture grâce à des achats mutualisés et des mécanismes de solidarité.

C’est après un parcours « tout tracé » – école de commerce, CDI chez AXA – que Hind Elidrissi décide, comme beaucoup, de changer de mode de vie et devient indépendante pour monter sa startup. Et comme beaucoup, elle découvre que ce mode de travail ne comporte pas que des avantages et beaucoup de précarité. Exit la couverture complémentaire de santé, exit le comité d’entreprise, exit le salaire en cas de maladie…

S’appuyant sur son expérience dans le milieu de l’assurance, Hind décide alors avec Mikael Uzan de se consacrer à simplifier la vie des freelances et autres autoentrepreneurs. Les deux associés imaginent pour cela Wemind, une startup qui fédère les indépendants pour les aider à accéder aux mêmes droits et avantages que les salariés « classiques ».

Assurance communautaire

« Concrètement, nous négocions auprès des mutuelles et des compagnies d’assurance des tarifs préférentiels pour la communauté Wemind grâce à l’achat groupé », explique Hind.

Objectif : 30 % d’économies par rapport aux coûteuses mutuelles auxquelles sont obligés d’adhérer les freelances pour avoir des garanties correctes, « beaucoup y renonçant d’ailleurs faute de moyens. »

N’importe qui peut rejoindre Wemind en s’inscrivant sur le site. La startup a constitué un premier groupe de 1 000 indépendants au sein duquel s’exercera une solidarité de type mutualiste : chacun y bénéficiera d’une protection sociale et paiera en échange des cotisations (modulées en fonction de son âge). Cette mutualisation porte pour l’instant uniquement sur la santé.

Appart et comité d’entreprise

Si l’activité de Wemind est encore naissante, Hind et Mikael projettent de faire peser leur communauté pour s’attaquer à d’autres problèmes que rencontrent les indépendants. Via des réunions et des sondages en ligne, Wemind compte consulter sa communauté pour définir ses priorités.

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Hind Elidrissi et Mikael Uzan

« Je travaille au sein d’un incubateur de startups où beaucoup galèrent pour louer un appartement », raconte Hind. En cause : les revenus fluctuants et la précarité du statut, qui effraient les propriétaires. Les deux associés travaillent donc à une garantie qui permettrait à la communauté de se porter caution solidaire lorsqu’un des membres a un problème pour payer son loyer. « Cette garantie serait attribuée à un membre sous condition de ressources », précise Hind.

Toujours dans l’optique de donner aux freelances les mêmes droits qu’aux salariés, Hind et Mikael aimeraient faire accéder leur communauté aux mêmes prestations que celles d’un comité d’entreprise. Comment ? « En organisant des achats groupés sur des produits technologiques ou des évènement culturels pour les obtenir à prix réduit, par exemple. »

Projet citoyen

Lorsqu’on lui demande si elle ne pense pas se substituer au rôle de l’État, Hind a le sens de l’histoire.

« La protection sociale a toujours d’abord été inventée par les citoyens. Au 19e siècle, il était courant de créer une mutuelle pour apporter de la solidarité au sein d’une communauté. Et c’est en 1945 que l’État a officialisé des systèmes qui existaient déjà de façon privée. »

De quoi, peut-être, donner de l’inspiration pour au gouvernement, alors que les indépendants sont les grands absents de la loi travail.

Le 24 juin 2016


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