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Victime d’une agression sexiste ? Cette appli collaborative vous permet de la géolocaliser

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Alma Guiaro a créé HandsAway, une application pour signaler qu’on a été victime ou témoin d’une agression sexuelle. En cas d’agression, la communauté reçoit une notification et peut apporter aide et soutien aux victimes.

Il y a deux ans et demi, après à une énième agression sexuelle dans le métro, Alma Guiaro reste sidérée. Personne n’a réagit pour l’aider. En sortant, elle sait que ce ne sera pas la dernière fois. Le mouvement Metoo n’existe pas encore, la jeune femme décide de créer un groupe Facebook dédié aux victimes d’agressions sexuelles. Aussitôt, les langues de ses amies puis d’inconnues se délient. Alma se rends compte que toutes ont des agressions à partager et lance dans la foulée HandsAway. Son application, grâce à la géolocalisation, permet de signaler une agression sexuelle et d’obtenir l’aide de la communauté. Au départ développée en parallèle de sa start-up Citeazy – un agrégateur de services de mobilité collaborative -, HandsAway devient une association loi 1901 en janvier dernier.

Briser l’omerta

« HandsAway est une application qui s’adresse aussi bien aux victimes qu’aux témoins d’une agression » précise Lucile Dupuy, chef de projet et responsable du développement pour l’association. « En cas d’agression, il faut la signaler le plus rapidement possible en laissant un message écrit ou vocal dans l’application et détailler si l’agression est physique ou verbale, si elle a eu lieu dans la rue, dans un transport en commun…» Les « street angels » proches de l’endroit où l’alerte a été donnée, vont recevoir une notification. « Lorsqu’une agression est signalée, on a souvent des réactions comme : Est-ce que ça va ? Est-ce que tu es encore sur le lieu de l’agression ? Est-ce que tu veux que je viennes te voir et qu’on boive un café l? » détaille Lucile. Certains des street angels, proposent même d’accompagner la victime le lendemain si elle doit repasser au même endroit, ou de l’aide pour aller porter plainte.

 

Entraide citoyenne

Pour autant, HandsAway qui est contre toutes formes de violences, n’a pas vocation à devenir une brigade de justiciers. « L’idée c’est d’en faire une plateforme d’entraide citoyenne, que cela serve d’exutoire aux victimes. Parfois, il est plus simple de parler avec des gens qu’on ne connaît pas ». Réconfort, accompagnement et conseil donc, pour les 36 000 utilisateurs, dont 30 % sont des hommes. Pour Lucile, « les hommes s’emparent du sujet. On est persuadés que c’est aussi grâce à eux, qu’on pourra faire avancer les choses. Certains témoignent, d’autres réconfortent ».

HandsAway a aussi pour but de collecter des données. Car si on parle beaucoup de harcèlement de rue, hormis quelques sondages, peu d’études existent. « L’idée pour nous, c’est de faire un matching des agressions. Après on aimerait utiliser ces données pour mobiliser les pouvoirs publics ». Forte de 1250 alertes, l’association souhaite peser dans le débat public. « On ne pourra plus minimiser nos chiffres. Ça nous servira à faire du lobbying auprès des pouvoirs publics, à sensibiliser les jeunes dans les collèges, les lycées et dans les entreprises. »

Grâce à un financement du secrétariat d’État chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes et d’entreprises comme L’Oréal, HandsAway va intensifier son combat en 2019. En ce moment, un questionnaire circule pour améliorer l’application. « En ce moment, deux agressions à Lille et une à Nice, viennent d’être signalée », annonce Lucile. Ces alertes seront visibles par la communauté deux jours, puis seront effacées pour éviter toutes récupération politique ou que des secteurs deviennent anxiogènes.

 

Le 2 novembre 2018


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