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Vandalisme, problèmes techniques… Les vélos sans bornes peuvent-ils rebondir ?

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Déployés dans plusieurs villes européennes, ces vélos qu’on peut emprunter et déposer où bon nous semble cumulent depuis critiques et déconvenues. Pourtant, les utilisateurs se sont largement emparés de ce service qui pourrait exploser s’il arrive à se réformer.

Fiasco, crise, bulle… Ces dernières semaines, les médias ne manquent pas de mots pour (dis)qualifier l’arrivée des vélos libre-service (free floating) en France. Venues d’Asie, fortes d’impressionnantes levées de fonds, des startups telles que Gobee.bike ou Ofo ont en effet inondé les rues de Paris, Lyon ou Reims de leurs vélos low-cost.

Avec leur smartphone, les utilisateurs peuvent les emprunter et les déposer où bon leur semble pour en moyenne 50 centimes d’euros la course. Le modèle semble séduisant face à celui des Vélib (ou équivalent en province) qu’il faut retirer et déposer à une borne.

Alors, pourquoi tant de haine ? D’abord, des problèmes logistiques qui s’accumulent : vélos impossibles à dévérouiller, mal répartis dans la ville, etc. Ensuite, des problèmes d’incivilité. Beaucoup de passants se plaignent ainsi de vélos mal garés (parfois au milieu du trottoir), gênant le passage. De nombreux actes de vandalismes ont enfin été déplorés, forçant carrément Gobee.bike à stoper son service à Lille, Reims ou Bruxelles, ne pouvant plus supporter « ni le coût financier, ni le coût moral des réparations ».

Déjà de nombreux utilisateurs

Fin de partie ? Pas si sûr. D’abord, malgré ces ennuis, les utilisateurs se sont indéniablement emparés de ce nouveau service : « nous avons déjà 150 000 utilisateurs en France », se réjouit Alex de las Heras, responsable marketing Europe de Gobee.bike. Et cela pourrait aller plus loin. Lancés il y a deux ans en Chine, ces vélos y comptent déjà 200 millions d’utilisateurs.

Une adoption massive positive pour l’environnement dans ces mégalopoles à l’air saturé, notamment par la pollution automobile. « L’objectif était d’offrir une alternative écologique et bon marché dans une ville [NDLR : à Hong-Kong] marquée par de gros challenges de mobilité », raconte Alex de las Heras.

Vers une riposte ?

En France, les acteurs du marché veulent temporiser… pour mieux riposter. « Un des avantages de notre solution est qu’elle ne coûte rien aux collectivités et qu’elle offre une liberté inégalée. Mais la difficulté est qu’il faut créer une nouvelle habitude d’utilisation », reconnaît Alex de las Heras. Pour cela, Gobee.bike affirme multiplier les messages aux utilisateurs et traquer les vélos endommagés ou mal garés. Elle a réduit les zones sur lesquelles il est possible d’utiliser ses vélos et affirme « travailler avec la Police pour poursuivre les vandales »

oBike, autre startup du secteur veut elle user de la carotte pour encourager les comportements citoyens. Elle va offrir des courses gratuites aux clients qui signalent des vélos mal garés ou des quartiers mal desservis. De nouveaux vélos, plus solides, devraient aussi être introduits prochainement (dont certains à assistance électrique). Car avec des taux de destruction montant à 90 % dans une ville comme Lille pour Gobee.bike, l’argument écologique en prend pour le moment un coup !

En Chine, plusieurs municipalités ont mis en place des parkings vélos et un système de points pour réguler l’afflux soudain de ces deux-roues. « Par rapport à la Chine, les Européens sont très exigeants et les villes veulent très vite encadrer le marché », juge Alex de las Heras. Ces vélos nouvelle génération joueront donc aussi leur survie en engageant le dialogue avec les municipalités, soucieuses de préserver l’espace public mais aussi leurs propres systèmes de vélos partagés.

Le 17 janvier 2018


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