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Une plateforme de covoiturage libre et low-cost déclare la guerre à BlablaCar

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Face aux commissions du leader du covoiturage, Zakaria Al Kabbab a lancé FreeCovoiturage. La plateforme veut "revenir aux valeurs initiales du secteur" et propose des trajets avec zéro frais prélevés.

Dès la page d’accueil de « FreeCovoiturage » , le ton est donné. « Pas de Bla Bla : covoiturez librement ». Une façon de résumer la philosophie de la startup. Mais aussi une attaque directe contre BlaBlaCar, la célèbre plateforme de covoiturage que FreeCovoiturage ambitionne de concurrencer.

« BlablaCar a abusé de la confiance des gens », charge Zakaria Al Kabbab, ingénieur franco-marocain qui a lancé la plateforme en décembre dernier. « Au départ gratuits, ils ont changé de business model sans demander l’avis de leur communauté et prennent aujourd’hui une commission énorme, de l’ordre de 15 à 20 % sur tous les trajets. Ca n’a pas de sens ! ».

Partage et solidarité

C’est pour «  revenir aux valeurs de partage et de solidarité » du covoiturage que Zakaria a fait un choix radical : zéro commission sur les trajets. Chaque conducteur fixe le prix qu’il veut pour embarquer des passagers. Le paiement se fait de main à main, le jour du voyage. « Le modèle s’inspire d’une précédente plateforme de covoiturage que j’avais lancé au Maroc », précise l’ingénieur. Par contre, pas d’assurance ni de garanties pour les membres comme chez BlaBlaCar.

À l’heure où sont écrites ces lignes, le site totalise 6 000 membres actifs qui ont effectué 3877 trajets. Après seulement trois mois de lancement, il y a de quoi être enthousiaste pour Zakaria.« On est pour l’instant trois dans l’équipe : moi, un responsable développement, et un responsable communication. Et j’aimerai recruter bientôt ! »

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La guerre est déclarée © FreeCovoiturage

Au delà des prix légers, FreeCovoiturage veut aussi percer avec un certain nombre d’innovations. Les conducteurs peuvent ainsi préciser leur humeur du moment, indiquer s’ils disposent de chargeurs de smartphone, du wifi, de bouteilles d’eau… « On s’inspire du service délivré par Uber de ce côté là », explique Zakaria, qui prévoit aussi de proposer un service de prise en charge des passagers au bas de leur porte.

Partenariats

Une question se pose évidemment : quel modèle économique pour cette startup qui a fait une croix sur ses commissions ? D’autant qu’elle  a fait le choix de ne pas faire de publicité sur son site… Et veut verser 20 % de ses bénéfices à des causes écologiques ! Sacré challenge.

Pour l’instant, FreeCovoiturage a noué des partenariats avec Driveme et Luckyloc. Ces plateformes permettent aux particuliers d’emprunter des véhicules à un euro pour les rapatrier chez des professionnels (loueurs, concessionnaires). « On propose leurs trajets sur notre plateforme lorsqu’aucun covoiturage n’est disponible », explique Zakaria.

Avec ou sans commission ?

Pour le reste, FreeCovoiturage compte sur « des partenariats avec les acteurs du tourisme dans les villes desservies » mais aussi sur… une commission, lors du paiement en ligne bientôt disponible sur le site. Une transition similaire à celle de l’ennemi juré ? « La commission sera payée seulement par le conducteur et autour de 50 centimes, bien inférieure à celle de BlablaCar qui est indexée sur les trajets », promet Zakaria. Et on pourra toujours préférer le paiement en espèce lors du trajet. »

En attendant, l’entrepreneur assure recevoir de nombreux messages de soutien et croît dur comme fer à son projet. « Comme Google, Blablacar est en situation de monopole, il est très difficile de les concurrencer. Mais notre communauté grandit chaque jour ! » Une communauté qui, en attendant, jongle encore entre les deux plateformes pour pouvoir remplir ses véhicules. Que le meilleur gagne !

Le 4 avril 2016


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