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Sylah, la monnaie alternative qui transforme vos frais bancaires en dons aux associations

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Les frais de paiements bancaires rapportent 465 milliards d’euros par an aux banques et aux géants Visa et MasterCard. Lucas Duchaine a lancé une monnaie virtuelle solidaire, permettant aux consommateurs de financer des projets locaux à la place.

H pour humain, Y de wyrd — destin en mythologie nordique — et sila — éthique en sanscrit —, donnent Sylha, qui dans la langue de Lucas Duchaine signifie « beaucoup de sens ». Et du sens, c’est ce qu’il compte apporter dans le monde obscur de la monétique. Parmi les nombreuses monnaies locales déjà actives et qui offrent leur propres pièce ou billet, Sylha se distingue entres autres par sa dématérialisation.

Pour s’en servir, le consommateur vire de l’argent depuis son compte bancaire afin d’approvisionner sa pièce connectée ou sa carte bancaire Sylha. Il peut ensuite payer ses achats chez les commerçants équipés d’un terminal dédié. À chaque paiement, les frais bancaires sont convertis en points et l’utilisateur peut choisir, via l’application quelle association locale en bénéficiera.

Collecter en payant

En ne ponctionnant que 0,5% de frais par transaction, la commission Sylha est inférieure à celle des banques classiques (qui oscille entre 0,28 et 1,75 %). La pièce connectée qui s’intègre dans un bracelet coûte 15 euros, la carte bancaire elle coûte 5 euros. Depuis son lancement à Grenoble en mai dernier, une cinquantaine de commerces sont intéressés, cinq sont équipés d’un terminal (celui-ci coûte 192 euros) et 100 contributeurs ont acheté la pièce connectée Sylha. « On se développe doucement à Grenoble et on va faire pareil ailleurs » s’enthousiasme Lucas Duchaine.

« Pour changer un système perverti par l’argent, il faut changer la manière dont l’argent transite »

Sylha reverse aux petites et moyennes associations locales. « Si 10 % des grenoblois, soit 48 000 personnes utilisaient Sylha, c’est 500 000 euros qu’on pourrait reverser », détaille le fondateur. Le budget annuel de Grenoble étant de 1,2 million d’euros pour les petites et moyennes asso, cela représente plus de la moitié. Reste à convaincre assez de commerçants de rejoindre l’aventure.

Vers un nouveau monde monétique

Pour toucher plus de monde Lucas a lancé le mouvement Mÿ génération, pour « un Nouveau Monde monétique ». Un mouvement qui est l’aboutissement de plusieurs années de cheminement personnel. Après des études dans une grande école de commerce, il plaque son job. Le jeune homme étudie alors la philosophie et se rend compte que pour « changer un système perverti par l’argent, il faut changer la manière dont l’argent transite ». En France, les frais de paiements bancaires rapportent 465 milliards d’euros par an, notamment à Visa et MasterCard. « Pour court-circuiter ces géants, je me suis dit que j’allais créer un réseau monétique éthique ». Le projet Sylha était né.

 

 

 

Le 26 septembre 2018


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