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Sous les pavés de leur boutique parisienne, ils ont implantés une ferme urbaine

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Quand ils ont lancé Yumi, en 2014, Raphaël et Louis se sont donnés pour mission de faciliter la consommation de légumes. Depuis, ils ont leur propre boutique à Paris et ont installé au sous-sol une véritable ferme urbaine.

Au départ, Yumi c’est l’histoire de deux amis, Louis de Bentzmann et Raphaël de Taisne, qui décident de rendre la consommation de légumes plus facile. En juillet 2104, ils démarrent leur petite production de jus. « Plutôt que d’avoir une approche paternaliste, restrictive ou détox, nous proposons des solutions concrètes pour manger des légumes qui n’obligent pas à changer de régime alimentaire », explique Raphaël, cofondateur. Céleri, épinard, betterave, chou kale… : ses légumes parfois mal aimés ou inconnus, Yumi les presse à froid « ça marche parce qu’on les fait découvrir sous des formes qu’on ludiques et pratiques » continue Raphaël.

Grâce au coup de pouce de la Semaest, un des bailleurs de la ville de Paris, ils ouvrent leur propre boutique rue du Château d’Eau, dans le Xème arrondissement. D’abord sous forme de magasin éphémère puis en février 2017, de façon permanente. Au menu : toujours des jus, mais aussi des tartines, des salades ou des chips…de légumes. Aujourd’hui, ils sont quinze dans l’équipe et Yumi a été récompensé par le réseau Entreprendre.

Façade de la boutique Yumi – Fleur Weinberg©

Des jus à la culture urbaine

Mais Yumi, ce n’est pas qu’une histoire de légumes. Dans le sous-sol de la boutique se trouve une serre urbaine. C’est Pablo, étudiant à AgroParisTech et stagiaire qui l’a implantée. « Quand je suis arrivé en septembre 2017, j’ai fait un plan cultural, un plan de maîtrise sanitaire et j’ai développé la demande » détaille le futur ingénieur. Depuis, des jeunes pousses de capucine, radis, moutarde, bourrache, mais aussi de chou rouge, coriandre ou pois vert germent dans la cave. Vendus en barquette ou ajoutés aux jus, ces aliments questionnent encore les clients, peu habitués à les consommer. Les restaurateurs du quartier, eux, plébiscitent leurs récoltes.

« Avant, la plupart de nos clients professionnels se fournissaient chez Koppert Cress. Pourtant, le leader néerlandais ne produit pas en agriculture biologique. Nous on se situe comme une alternative bio, plus proche et moins chère » raconte Pablo qui illustre « le chef cuisinier des Résistants nous explique comment il utilise nos produits ; ça nous permet de donner des idées de recettes. Parce que quand tu te retrouves avec une barquette [de micro pousses NDLR], tu ne sais pas forcément quoi en faire. »

Pablo en pleine récolte – Fleur Weinberg©

Comme les cycles de production sont courts et que la demande explose, Yumi expérimente en continu de nouveaux semis. Ainsi, pousses de shiso, d’amarante ou d’agastache sont en phase de test. « Concernant l’agriculture urbaine, il y a une dimension que je trouve essentielle, car elle est très attaquée. Beaucoup disent que c’est un truc de bobos. Moi, je pense sincèrement que l’agriculture conventionnelle et l’agriculture urbaine sont complémentaires. Cette dernière ne sera jamais aussi productive qu’un champ, mais offre un rendement intéressant : dans 20m2, on produit 3,5 tonnes de micros pousses par an » déroule Pablo qui conclu : « l’agriculture urbaine n’est pas encore parfaite. Si on ne consomme pas d’énergie fossile, on consomme de l’électricité c’est vrai, mais on s’alimente auprès d’un fournisseur d’énergie renouvelable. Au-delà, on veut démontrer que manger, c’est également un acte politique, que manger c’est soutenir toute une filière, locavore, bio et de qualité. » Parisculteurs estime d’ailleurs qu’avec 33,5 hectares destinés à l’agriculture urbaine, on pourrait nourrir à plein potentiel 20 % de la population parisienne.

Une tartine Yumi agrémentée de micros-pousses©

Respect du légume 

« On est vendu chez Biocoop et Naturalia. Ce sont des enseignes qui nous ressemblent, elles ont un cahier des charges hyper strict » embraye Raphaël qui égraine « absence d’aromates ayant poussés dans des serres chauffées, interdiction d’utiliser des fruits et des légumes acheminés par avion, pas de curcuma ou du gingembre de Chine. » Yumi a même été lauréat du programme de Biocoop, catégorie Jeunes pousses de la Bio en 2017, ça ne s’invente pas.

Les légumes utilisés eux, peuvent être hors gabarit, pourvu qu’ils soient murs et sans œdèmes. « On fait planter par des producteurs qu’on connaît des orties, par exemple, de mai à octobre », ajoute Raphaël. Né d’une mère qui «  a créé la première école Montessori en France et aromathérapeute » et d’un père « ancien avocat reconverti en viticulteur qui se forme en biodynamie », l’entrepreneur confie « baigner là dedans depuis tout petit et être sensible aux questions de nutrition et de culture respectueuse ». Bénéficiaires sur la ferme et la boutique, l’équipe s’attelle aujourd’hui à développer son offre en ligne.

Les micros-pousses Yumi – Fleur Weinberg©

 

Le 25 mai 2018


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