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Smiile, futur géant de l’économie collaborative français ?

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En quelques années la plateforme a réussi là ou beaucoup d’autres avaient échouées sur le secteur de l’échange de biens et services entre voisins. Elle souhaite aujourd’hui s’imposer comme une interface permettant de relier les habitants de tous les quartiers de France.

Des plateformes de rencontres et d’échanges entre voisins, il s’en créé régulièrement depuis plusieurs années. Mais la plupart ne parviennent pas à trouver une communauté ni un modèle économique et périclitent au bout d’un moment. Ca n’est pas le cas de Smiile, fondé à Saint Malo en 2014 par David Rouxel, à l’époque sous le nom de Mon p’ti voisinage.

Présente aujourd’hui dans toute la France, la plateforme revendique 350 000 utilisateurs et 30 000 réseaux de voisinages. Elle permet à ses membres d’échanger à peu près tous les services et les objets possibles, mais aussi de réaliser des achats groupés, d’organiser des covoiturages… « C’est notre persévérance et le fait qu’on propose plus de services que les autres plateformes de voisinage qui expliquent notre succès, juge David Rouxel. Il y a beaucoup trop d’initiatives qui se ressemblent dans les réseaux de voisinage. »

De lourds investissement ont été réalisés pour que chaque activité entre voisins soit intégrée sur la plateforme. « Par exemple sur le covoiturage, on fonctionne comme un mini BlaBlaCar, détaille David Rouxel. On a aussi des fonctions de paiement en ligne. » Dernière amélioration en date, une fonction « quick sharing », permettant de solliciter rapidement la communauté pour demander un objet. Surtout, chaque activité entre particulier est couverte par une assurance collaborative conçue avec MAIF.

Quasiment gratuit pour les particuliers

L’ensemble des fonctionnalités est « quasiment gratuit » pour les particuliers. La plateforme a aussi récemment rendue son offre gratuite pour les collectivités territoriales.  Elle leur permet de développer la vie de quartier et la démocratie participative : dialogue citoyen, alertes temps réel, problèmes de voiries, etc. Alors, comment Smiile parvient-il à trouver l’argent pour financer son développement ?

« Le gros de notre chiffre d’affaires se fait aujourd’hui auprès des acteurs de l’habitat comme les bailleurs sociaux et les promoteurs, explique David Rouxel. Ils veulent des habitants mieux connectés entre eux et capable de réduire leur empreinte carbone ». Une démarche dans laquelle Smiile peut les accompagner à moindre frais. « C’est plus avantageux de rejoindre notre réseau que de devoir coder de nouvelles applications », explique le fondateur.  

Un futur géant ?

C’est ainsi que Smiile pourrait bien continuer sa croissance dans les années à venir, intégrant toujours plus de services pour ses communautés. Dans une tribune au « Monde », le fondateur de la plate-forme insiste sur le fait que les outils numériques permettent de renouer, à faible coût, le lien entre les habitants des quartiers. « Et on ne travaille pas qu’avec la classe moyenne mais aussi avec les HLM », nous assure-t-il. 

Alors que beaucoup de petites plateformes locales peinent à trouver leur communauté, le risque est peut-être que Smiile soit un jour perçu comme monopolistique sur le secteur des services entre voisins. « Il n’y a pas de la place pour 36 acteurs, assume David Rouxel. Je dis souvent que si ce n’est pas nous, ca sera un géant américain comme Nextdoor (NDLR : un réseau social de quartier venu des États-Unis). Et laissez-moi vous dire qu’ils sont beaucoup moins regardant en terme d’inclusivité et de respect des données privées. » Smiile ne compte d’ailleurs pas s’arrêter en France et envisage une implantation européenne dans les années à venir.

Le 13 avril 2018


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