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Smicval Market: le premier supermarché où l’on paie avec ses encombrants

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En s’inspirant des supermarchés inversés, le Smicval a imaginé une déchèterie d’un nouveau genre. Dans son magasin près de Bordeaux, tout est gratuit à condition d’y déposer ses objets, matériaux ou encore végétaux, pour en récupérer d’autres en retour.

À une trentaine de kilomètres de Bordeaux, Vayres. C’est dans cette petite ville qu’a été inauguré en 2018, le Smicval Market. Sa devise : donnez, prenez, recyclez. Son but : inciter au réemploi et réduire l’enfouissement des déchets. Dans ce lieu qui ressemble plus à un supermarché qu’à une déchèterie, l’administré dépose son objet et repart avec celui de son choix. « Il a même la possibilité de laisser une étiquette pour raconter l’histoire de l’objet dont il se sépare » précise Karine Pain, responsable de la communication pour le Smicval ou Syndicat Mixte Intercommunal de Collecte et de Valorisation. Cet organisme, dont l’activité s’étend à 138 communes — 210 000 habitants — emploi 210 agents qui « récupèrent un bac toutes les secondes et transportent tous les jours l’équivalent du poids d’un Airbus A380 de déchets ».

L’entrée du Smicvalmarket – Smicval©

C’est au moment où il a fallu reconstruire une déchèterie dont le modèle était obsolète que le Smicval décide de développer un environnement plus qualitatif au recyclage des déchets. L’idée d’un supermarché inversé fait alors son chemin. « C’est un concept qu’on a totalement imaginé en interne. Deux millions d’euros et dix mois de travaux auront été nécessaires pour le voir sortir de terre ». Depuis, sur son terrain de 5000 m2, le « supermarché des déchets » attire les curieux et fait des émules. Élus et journalistes du monde entier viennent le visiter. « Là, on a accueilli une équipe japonaise ». Pour autant, n’importe qui ne peut déposer ses encombrants et profiter du Smicval Market. Il faut habiter l’une des 138 communes du territoire et montrer une carte nominative.

À l’intérieur du supermarché inversé, trois zones regroupant les objets, les matériaux ou les dépôts en tout genre sont gérées par des agents valoristes — et non plus agent de déchèterie — présents pour orienter, informer et sensibiliser. « En ce moment, ce sont les accessoires de jardins qui ont le vent en poupe, pendant les vacances ce sont les vélos qui affluent » détaille Karine qui poursuit : « une personne est venue plusieurs fois et a refait entièrement sa salle de bains, des faïences au bac à douche en passant par le lavabo ». Les particuliers peuvent aussi acheter du compost, fabriqué à partir des biodéchets récoltés ; un moyen détourné de sensibiliser au recyclages des restes alimentaires.

Différentes zones du Smicval Market- Smicval©

« On est soutenu par les élus de nos territoires, qui s’engagent en faveur d’une politique zéro déchet » conclu Karine. Et les résultats sont encourageants : grâce au supermarché inversé, les déchets destinés à l’enfouissement ont baissé de 60 %, les déchets globaux de 30 % et plus de 85 % des déchets ont été valorisés — contre 65 % dans une déchèterie classique. Après 6 mois de concertation, le Smicval travaille à la modélisation d’un deuxième supermarché du même genre qui s’implantera à Libourne et prépare son Festival Z’Z : Zéro déchet, Zéro Gaspi, qui se tiendra fin septembre à Saint-Denis de Pile.

Le 9 mai 2019


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