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Sharetribe, ou comment rendre l’économie collaborative aux particuliers

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Permettre à n’importe qui de créer sa place de vente, location ou échange entre particuliers : c’est l’objectif de cette plateforme finlandaise. Refusant de tomber aux mains de ses actionnaires, elle mène actuellement une campagne de crowdfunding.

C’est peu dire que l’économie collaborative a parfois mauvaise presse. Alors que sa promesse était de démocratiser les échanges entre particuliers, de grandes plateformes — nous ne citerons pas de nom — ont terni la réputation du secteur avec des pratiques fiscales et sociales contestables. Souvent en situation de monopole, elles concentrent l’attention et empêchent l’émergence d’alternatives. Mais que se passerait-il si créer une plateforme et une place de marché devenait à la portée de tous ?

C’est la mission que s’est fixée Sharetribe, qui est un peu le « wordpress des places de marché ». Comprendre : une plateforme permettant à n’importe qui de créer la sienne. Depuis le lancement de sa première formule en 2014, des milliers de places de marché ont vu le jour, parfois très brièvement, via ShareTribe. Environ 700 sont aujourd’hui régulièrement actives.

Les particuliers utilisent Sharetribe sur des secteurs variés : la location de piscine entre particuliers (le français Swimmy), la location de vêtements et objets pour bébé (Kinspiring) ou encore la location d’espace d’enregistrements (Studiotime). « Studiotime a par exemple été créé en une nuit par un particulier, développe Thomas Malbaux, français qui a rejoint l’entreprise finlandaise en 2012. Aujourd’hui la plateforme recense 5 % de tous les studios de musique du monde ! »

700 000 euros en crowdequity

Avec les deux cofondateurs Juho Makkonen et Antti Virolainen, il veut aujourd’hui passer à la vitesse supérieure et permettre à Sharetribe de donner naissance à toujours plus de places de marché entre particuliers. « Nous avons créé la Marketplace Academy, le site de référence sur le sujet, lu par plus de 10 000 visiteurs chaque mois. Nous venons aussi de publier un livre, The Lean Marketplace, qui détaille la méthode à suivre pour faire naître sa place de marché, déjà best-seller sur Amazon. »

Surtout, Sharetribe va lancer une nouvelle offre baptisée Sharetribe Flex. Cette formule disposera de fonctionnalités beaucoup plus avancées. « L’objectif est de permettre aux particuliers de personnaliser beaucoup plus les plateformes qu’ils créent », explique Thomas. Si elle est plus onéreuse que Sharetribe Go, la formule d’essai, Sharetribe Flex permettra de créer des places de marché capables de jouer dans la cour des grands, pour « cinq à dix fois moins cher que de développer soi-même son site internet », assure Thomas. Pour se financer et embaucher, Sharetribe a lancé une campagne de crowdequity (financement en capital) qui affice déjà 700 000 euro au compteur.

Le pouvoir aux salariés

Afin de ne pas reproduire les travers de certaines plateformes qui ont grandi trop vite, l’entreprise a décidé d’adopter à cette occasion un statut particulier dit de « steward-Ownership ». « Nous ne voulons pas dépendre d’investisseurs qui demandent des montants faramineux en retour, nous obligeant à aller contre nos valeurs, justifie Thomas. Concrètement, cela signifie que nos actionnaires seront rémunérés, mais n’acquièrent pas de pouvoir décisionnaire sur ShareTribe. » Un garde-fou bien pensé, alors que l’entreprise table sur 1 000 clients et places de marché supplémentaires d’ici la fin de l’année.

 

Le 4 mai 2018


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