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Sans-emploi et désemparé ? Dites adieu à la solitude et motivez-vous grâce à Cojob

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Dédramatiser une période de chômage, voilà le mantra de Cojob. La plateforme permet de créer ou de rejoindre des groupes de cosearching dans son quartier ou sa ville. Elle propose aussi d’intégrer des « promos » pour chercher du travail le matin, et partager ses compétences avec une association l’après-midi.

Malgré leur BAC +5, Marie Grimaldi et Clémentine Bouyer peinent à décrocher un premier emploi. Elles se retrouvent un lundi après-midi à « boire une bière à 15 heures, ne comprenant pas pourquoi elles n’arrivent plus à s’y mettre ni pourquoi elles galèrent autant à trouver un job ». De cette après-midi naîtra Cojob. Lancée en 2014, leur plateforme entend briser l’isolement des chômeurs en les « sortant de chez eux », en leur permettant de « retrouver un rythme quotidien » et en les valorisant « grâce aux missions de bénévolat auprès d’entrepreneurs ».  Pour dédramatiser une période de chômage et ne pas rester isolé pendant cette épreuve, Cojob propose plusieurs formats allant du groupe local de cosearching, à l’intégration d’une promo en passant par des événements.

Chercher ensemble

« N’importe qui peut créer un groupe de cosearching dans son quartier ou dans sa ville » commence Alicia Courderc, directrice générale de l’association, qui compte 3500 adhérents. Cojob propose aussi une cinquantaine de postes dans des espaces de coworking, à prix réduit. « L’idée c’est de remettre du cadre et de la machine à café ». Autre possibilité intégrer une « promo » à Paris ou à Nantes. En optant pour ce format — qui a déjà accompagné 650 personnes depuis sa création — le cojobeur rejoint un groupe et se rend du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 17 h 30. « Le matin c’est recherche d’emploi. L’après-midi, le collectif va donner de son temps à des entrepreneurs ou des associations, de sorte à retrouver un sentiment d’utilité sociale. Car l’identité sociale liée au travail est particulièrement forte en France ».

Aider les autres en s’aidant, de quoi aussi, déculpabiliser de ne pas passer la journée devant son ordinateur à postuler. Parmi les structures accueillant des bénévoles, Article 1, MozaïK RH, Place aux métiers, PoWa, Bio consom’acteur ou La Conserverie solidaire. « On les a sélectionnés à travers plusieurs critères. Elles doivent à partager la vision qu’on a du chômage et proposer des missions intéressantes, il faut que ce soit valorisant pour le cojobeur. Elles doivent aussi être dispo pour échanger ».

Du côté des chercheurs d’emploi, il faut adhérer à Cojob en s’acquittant d’une cotisation allant de 45 euros à 55 euros — pour ceux qui bénéficient de l’allocation de retour à l’emploi. Au-delà de l’engagement financier, « il faut venir avec le sourire et de la bonne volonté. Le marché du travail est tel que de toute façon, on va connaître des moments de chômage plusieurs fois dans une vie. Autant en faire une période qui soit la plus enrichissante possible. »

Fêter le chômage

Pour ceux qui ont envie de « formats plus légers », Cojob organise des événements réguliers comme Youpi Matin. Ces interventions fédèrent autour de l’estime de soi « toujours en collectif, venez trouver du contenu sur la recherche d’emploi, échangez vos numéros ce sera plus sympa ensemble ». Une fois par mois, sont aussi organisés des afterwork, renommés pour les circonstances « afterwork-less ». Pendant ces soirées « personne ne demande à personne, tu fais quoi dans la vie ? » Lors du dernier apéro de ce genre, qui tombait une veille de fête du travail « on a inventé la première journée internationale du chômage, une manif pro – chômage et fait un concours de slogans » confie Alicia.

Et preuve que le vent finit toujours par tourner, c’est une ancienne cojobeuse issue d’une promotion de 2017, qui a lancé Causons. Avec son association, elle permet aux personnes réfugiées de donner des cours dans leur langue natale et a renvoyé l’ascenseur « en proposant plusieurs missions à nos cojobeurs ». Autre belle histoire, celle de la promo de février dernier. « Une fille qui était juriste a décidé d’ouvrir un magasin de sorbet. Une dizaine de participants l’ont aidé ». Sa boutique est inaugurée vendredi. De quoi donner espoir à ceux qui « sont encore en pyjama  à 17 heures et ne se douchent que pour aller retrouver leurs amis » conclu Alicia.

Le 15 mai 2019


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