Guide consocolaborative

Sans A_ : un média et une communauté pour rendre visible les invisibles

Partager [pssc_facebook] [pssc_twitter]

À dix-huit ans, Martin Besson a créé Sans A_, une « communauté d’impact » qui vient en aide aux personnes sans abris, en publiant leurs histoires et en réalisant leurs rêves. Cinq ans après son lancement, le projet s’est mué en entreprise.

« On connait tous des personnes sans abris, mais s’est-on attardé à leur demander quels étaient leurs histoires, leurs rêves ? » commence Martin Besson, vingt-trois ans. Après s’être fait renvoyer de son collège, puis de son lycée pour trafic de cigarettes électroniques, il obtient finalement le BAC et effectue quelques mois en école de journalisme. « Je ne me retrouvais pas dans ces études et je n’envisageais pas d’avoir une vie de salarié classique ». En réalité, il est surtout très investi dans un projet qui occupe tout son temps. Lui qui a passé plusieurs jours dans la rue pour mieux comprendre ceux qui y vivent, a décidé de créer une communauté d’impact, Sans A_. Son objectif : rendre visibles les invisibles en encourageant le passage à l’action, partant du postulat « qu’il est plus facile de s’engager pour une personne que pour une cause ».

Sans A_©

Rendre beau ce qui ne l’est pas forcément

Martin et son équipe racontent les histoires de ceux qui sont laissés de côté par la société, puis mobilisent la communauté pour réaliser leur rêve. Comme pour Philippe, dont l’histoire est en ligne en ce moment et qui souhaite « un peu d’amour ou d’amitié ». Ou celle de Séverine et Fabien, qui grâce à un élan de solidarité ont reçu 5000 euros pour s’acheter un camping-car.

À un moment, on est tous sans argent, sans amour, sans attention, sans avenir… sans quelque chose. Sauf que certains le sont plus que d’autres .

En cinq ans, 70 histoires ont été racontées, 9 millions de personnes touchées et 10 000 euros d’engagement solidaire récoltés. Pour inciter sa communauté à agir, Sans_A mise sur la pédagogie : « on lutte pour déconstruire les préjugés on explique concrètement aux personnes quels sont les moyens d’action ou d’engagement ».

Du crowdfunding à l’agence de « com  »

Démarré sans vraiment de business model, Sans A_ a pu décoller en 2016 grâce à une campagne de crowdfunding. « On est allé chercher l’argent auprès d’une communauté, avec le parti pris de dire qu’on fait du journalisme de solution ». Fort de ce succès, il diversifie son activité et accole à Sans A_ une agence de communication créative, qui aide les marques à être « moins corporate, plus sincères et plus authentiques, car ce qui fait la richesse d’une entreprise ce n’est pas ce qu’elle produit, mais les humains qui la composent » détaille Martin. L’agence les accompagne autant dans la co-construction d’actions sociales que dans la production digitale, éditoriale ou audiovisuelle de contenus.  Son but, là aussi : développer l’engagement des salariés grâce à des actions concrètes.

Aujourd’hui, l’équipe compte six personnes : chef de projet, réalisateur, directeur artistique ou expert média. « On a des valeurs de solidarité et d’écoute envers notre communauté, mais aussi d’excellence. Donc ce qu’on veut, c’est redonner une humanité, une dignité aux sans-abris , aux humains, et ça, ça passe par un contenu parfait » conclu Martin. Dans les mois qui viennent, il compte à nouveau faire évoluer son modèle en fédérant l’action communautaire, médiatique, et celle de Sans A_.

 

Le 24 avril 2019


Comments

comments

Sur le Même sujet