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Notes biaisées, référencement acheté… Sumwhere déclare la guerre aux avis bidons sur le net

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Cette appli conçue pour rechercher des restaurants ou des activités se veut « éthique » et garantit des commentaires utiles et sincères. Reste à conquérir le grand public face aux géants que sont Trip Advisor ou La Fourchette.

Lorsqu’on cherche un resto ou qu’on est touriste, on a de plus en plus recours à des applications de recommandation type Trip Advisor ou La Fourchette. Mais saviez vous que 45 % des avis présents sur ces sites ne sont pas fiables ? C’est la DGCCRF (en entier Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) qui l’affirme.

Beaucoup de ces commentaires sont en effet biaisés, parce qu’ils sont laissés par des commerces concurrents ou bien parce que l’utilisateur n’a pas intérêt à laisser une mauvaise note… s’il ne veut pas subir le même sort en retour. Sans parler des commerces qui, eux, sont obligés de payer des commissions aux plateformes d’achat et de payer pour y être bien référencés. Un système dénoncé dans le rapport du député Pascal Terasse sur l’économie collaborative.

C’est en partant de ce constat qu’a été imaginé Sumwhere, un (anti) Trip Advisor, « éthique », explique Jocelyn Boiziau, responsable stratégie de la start-up. « Encore en version bêta », elle est pour l’instant aussi confidentielle que son objectif est ambitieux : créer un guide de sorties et d’activités qui ne prenne pas de commission avec les commerces, qui n’utilise pas les données de ses utilisateurs et qui dispense uniquement des avis fiables et pertinents

Avis géolocalisés

Ce dernier objectif est un des fers de lance de Sumwhere. Pour cela l’application ne permet à ses utilisateurs de laisser un avis sur un restaurant s’il ne s’y est pas géolocalisé à la fin de son repas. « Fini, donc, les personnes qui laissent des avis dans des endroits où ils ne sont jamais allés », promet Jocelyn Boiziau. Par ailleurs, un même utilisateur ne pourra pas laisser plus d’une fois une note à un même commerce.

Autre outil pour accroître la pertinence de l’application : la possibilité de choisir un univers et un profil qui filtre les lieux et les commentaires. « On travaille actuellement avec les communautés de drones, les étudiants étrangers où encore la communauté végan pour créer des listes qui leur soit dédiées », détaille Jocelyn Boiziau. Il est aussi possible pour l’utilisateur de s’épargner les commentaires de familles nombreuses s’il cherche, par exemple, un endroit où faire la fête – et vice versa.  

Priorité aux commentaires

Sumwhere compte seulement 1 200 utilisateurs actifs. Pas de quoi alimenter substantiellement le guide, qui doit s’appuyer pour l’instant sur les avis Google pour être exhaustif. L’équipe de Sumwhere table sur la fiabilité de son application pour séduire et fidéliser le grand public et s’attaquer aux géants. « Certes, Foursquare et d’autres ont beaucoup d’utilisateurs mais peu laissent de commentaires, affirme Jocelyn Boiziau. On va de notre côté simplifier au max la notation et développer un système de badges et de récompenses pour les inciter à le faire. »

Autre défi pour l’équipe : réussir à se vendre auprès des commerces. Car c’est eux qui paieront un abonnement (1 euros par jour) pour avoir accès à des données et des fonctionnalités avancées, une fois la communauté construire. « De grandes entreprises sont aussi intéressées par notre outil pour créer leur propre communautés d’activités et de lieux, explique Jocelyn Boiziau. Pas question quoi qu’il en soit de faire payer pour être référencé. « C’est contre notre philosophie », assure le directeur stratégie. Des pratiques qui ont justement valu à Booking.com d’être condamné en décembre dernier par le Tribunal de commerce de Paris.

Le 6 mars 2017


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