Guide consocolaborative

Pour protéger la vie privée des internautes, la première « coopérative de données » voit le jour en France

Partager [pssc_facebook] [pssc_twitter]

En souscrivant une part à Myco, chaque utilisateur pourra choisir de partager ses données ou non, de façon anonymisée et rémunérée. Les membres de la coopérative auront aussi accès à de nombreuses fonctionnalités comme un navigateur et une adresse mail sécurisée.

On connaît les coopératives de travailleurs, place aux coopératives d’internautes et de données. C’est une première, portée par la startup myCO, qui veut permettre aux français de mieux contrôler l’usage qui est fait de leurs données lorsqu’ils utilisent le web.

85 % d’entre eux se disent en effet préoccupés par la protection de leurs données personnelles en ligne selon une étude CSA de septembre 2017. Et sont 70 % seraient prêts à utiliser des services alternatifs à ceux des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), selon une étude BVA de mai 2018. Pour autant, il n’est pas toujours facile de trouver des équivalents et de changer ses habitudes.

Boîte à outils digitale

MyCO propose d’abord un navigateur sécurisé pour naviguer sur Internet sans laisser de traces. Celui-ci permet de choisir à tout moment entre trois niveaux de protection : « invisible » (aucune trace laissée sur les sites), « protégé » (empêche tout échange de données à l’insu de l’internaute) ou « à risque » (comparable à un navigateur classique).

Mais l’ambition de la plateforme est d’aller plus loin en proposant une véritable « boîte à outils digitale ». Partage et édition de documents, de photos, de contacts, de calendriers, cagnottes façon crowdfunding, messagerie instantanée, mais aussi nouvelle adresse email sécurisée (non polluée et gérée en France) comptent parmi les fonctionalités de myCO.

Être payé pour ses données

L’aspect le plus ambitieux du projet concerne la gestion des données des internautes et c’est la que la forme coopérative entre en jeu. Chaque utilisateur de myCO doit souscrire une part à la coopérative. Celle-ci lui permet de répondre – ou non – à des questions auprès de marques ou d’instituts, de façon anonymisée « Plus un sociétaire est actif, plus il va engranger de myCoins, explique Arnaud Blanchard, CEO . À la fin de chaque mois, il est rétribué en euros selon le chiffre d’affaire engrangé et sa participation. »

myCo, coopérative d’internautes from Dominique Morel on Vimeo.

La coopérative rémunère aussi ses membres sous forme de dividendes. « Il est possible de souscrire jusqu’à 500 parts et d’être rémunéré en fin d’exercice au prorata de ses parts », détaille Arnaud Blanchard. Enfin, cette forme juridique permet aux sociétaires de participer à la gouvernance de la plateforme selon le principe un homme égal une voix – et d’éviter que myCO soit rachetée par un grand groupe.

Web éthique

Après une levée de fonds d’un million d’euros auprès notamment de la BPI, myCO vient tout juste d’ouvrir ses portes, au mois de juin. Environ 250 utilisateurs ont participé à la phase de bêta test. Ils sont aujourd’hui 2 000 sur la plateforme. Le défi sera évidemment de réussir assez d’utilisateurs pour atteindre une masse critique à même de faire poids face à l’omniprésence des géants américains dans le monde du numérique. Avec l’entrée en vigueur de lois comme la RGPD, Arnaud Blanchard est convaincu que les internautes sont prêts à « participer à la construction d’une approche éthique et européenne du web ». Après tout, dix euros c’est peu cher payé. 

Le 16 juillet 2018


Comments

comments

Sur le Même sujet