Guide consocolaborative

Newmanity : pour un web zéro carbone et 100 % respectueux de vos données

Partager [pssc_facebook] [pssc_twitter]

Lancée en 2012, cette plateforme propose un système de messagerie et de stockage totalement crypté et alimenté aux énergies renouvelables. Avec l’entrée en vigueur de nouvelles lois européennes sur la protection des données, le combat de son fondateur Stéphane Petitbon pourrait faire mouche.

Revente des données personnelles, consommation énergétique croissante… Si les grandes entreprises américaines type Google ou Facebook nous rendent de fiers services, ceux-ci ne sont gratuits qu’en apparence. « Saviez-vous qu’un mail est en moyenne stocké 18 fois et vendu à 17 annonceurs ? interroge Stéphane Petitbon, fondateur de Newmanity. Et que le numérique est désormais responsable de 7 % de la pollution mondiale ? »

C’est pour promouvoir un web respectueux des individus et de l’environnement que cet homme est parti en croisade depuis 2012 avec Newmanity. Au départ pensée comme un réseau social, cette startup propose aujourd’hui un système de messagerie, mail et stockage de fichier 100 % crypté et sans aucune revente de données personnelles. « Notre approche a évolué à travers le temps, mais notre mission est toujours restée la même : s’attaquer aux dérives de l’Internet », explique le fondateur.

Newmanity s’attaque également à la facture environnementale du web puisque l’ensemble des informations de ses utilisateurs est hébergé sur des serveurs alimentés à 100 % aux énergies renouvelables. « Notre data center zéro carbone est situé en Hollande et tourne à l’énergie hydraulique et éolienne, détaille Stéphane Petitbon. C’est aussi un des pays les plus exigeants en termes de protection des données personnelles. » 

Miser sur les entreprises

Mais si un nombre croissant de particuliers est sensible aux problématiques auxquelles s’attaque Newmanity, la difficulté reste toujours de les convaincre de changer leurs habitudes. Pour cela la startup mise sur une interface nouvelle formule, « testée et retestée » pour être aussi intuitive et séduisante que possible. Elle permet par exemple de communiquer par mail avec des internautes qui ne possèdent pas Newmanity et revendique aujourd’hui 150 000 utilisateurs particuliers.

Mais l’objectif de Newmanity est de convaincre les entreprises d’adopter son offre. D’abord parce qu’elles sont de plus en plus sensibles à la protection des données de leurs salariés. D’autre part parce qu’une loi européenne les y oblige désormais. « Elle va entrer en application en mai et stipule notamment que les entreprises doivent utiliser des messageries hébergées en Europe et s’assurer que les données de leurs collaborateurs et de leurs clients ne sont pas exploitées. »

Loi européenne

Ce contexte législatif européen, inscrit dans la volonté d’affranchir le Vieux-Continent de la dominance d’entreprises étrangères peu scrupuleuses du droit des internautes, pourrait jouer en faveur du pari de Newmanity. « Nous sommes déjà en train de rester notre interface avec 23 groupes », assure Stéphane Petitbon.

Pour aller plus vite, Newmanity veut aussi fédérer les acteurs du web éthique comme Greenspector, Wattvalue ou encore Qwant, un moteur de recherche qui ne revend pas les requêtes des utilisateurs à des annonceurs. « Il est passé devant Google en Corse ou il est né ! », s’enthousiasme le fondateur de Newmanity. Un autre web est possible, reste à le faire grandir.

Le 23 février 2018


Comments

comments

Sur le Même sujet