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Needelp, la plateforme de freelance qui milite pour ses travailleurs

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La startup a développé une assurance pour ses travailleurs et milite pour une meilleure couverture sociale des indépendants. Après une levée de fonds de 1,5 million d’euros, elle entend s’affirmer comme une alternative aux géants américains du « jobbing ».

Pose de parquet, référencement web, déménagement, ménage… Autant de tâches pour lesquelles vous pouvez faire appel à un quelqu’un sur Needelp. Une plateforme de « jobbing » de plus, ces petits boulots effectués par des particuliers pour arrondir leur fin de mois ? Un pas de plus vers une société de micro travailleurs sans couverture ni protection sociale ? Pas tout à fait.

Assurance dédiée

« On refuse de devenir un TaskRabbit à la française », affirme Guillaume de Kergariou, en opposition au leader du « jobbing » aux Etats-Unis. Car le fondateur de Needelp veut afficher sa différence avec les autres plateformes du secteur et aller contre la mauvaise réputation de ces nouvelles formes de travail. « Imaginez vous que les coursiers qui livrent des repas à vélos sur Take Eat Easy ne sont pas assurés en cas d’accident sur la route ? » s’insurge Guillaume de Kergariou.

« Imaginez vous que les coursiers qui livrent des repas à vélos ne sont pas assurés en cas d’accident sur la route ? »

Avec Maif, Needelp a développé une assurance qui couvre les dommages matériels et corporels de ses 25 000 jobbers, dont une bonne partie propose ses services dans le domaine des travaux domestiques. Elle les couvre intégralement en cas de pépin. « C’est l’assurance la plus complète jamais développé pour ce type de plateforme », affirme le fondateur.

Syndicalisme

Pour la plupart des jobber, Needelp est un complément de revenu. Pour autant l’équipe tient à les accompagner dans leur travail. « On fait passer un petit entretien à nos jobber et on modère les échanges sur la plateforme pour s’assurer qu’ils sont mis en relation avec des clients sérieux », explique Guillaume de Kergariou. L’équipe les conseille aussi sur le meilleur statut à choisir pour déclarer leur activité : autoentreprenariat, chèque emploi service, SAS… Car pour certains, Needelp est un moyen d’assurer la transition d’un régime salarié à un travail 100 % freelance.

« Le RSI (régime social des indépendants) est malheureusement insuffisant en terme de couverture sociale, regrette Guillaume de Kergariou. Mais c’est néanmoins un cadre qui permet de se lancer. » À défaut de mieux. « On réfléchit à des solutions de mutuelle complémentaire dédiées à ces travailleurs » Afin d’éviter le travail dissimulé (mais aussi de perdre des utilisateurs), Needelp fait passer 100 % de ses transactions en ligne.

« On agit un peu comme un syndicat pour les jobbers »

Pour l’heure, le fondateur de Needelp affirme militer auprès des pouvoirs publics pour que les choses bougent pour les travailleurs indépendants. Sa solution ? Favoriser un système de cotisation sociale attaché à l’individu et non plus à l’employeur, dans la direction du compte personnel d’activité. « On agit un peu comme un syndicat pour les jobbers. On a rencontré Laurent Grandguillaume, à l’origine de la loi sur la VTC pour lui faire remonter tout cela. »

Alternative aux géants américains

Après une première levée de fonds de 400 000 euros auprès d’investisseurs privés, Needelp a levé le mois dernier 1 million et demi auprès de la Maif. Objectif : devenir la plateforme de jobbing de référence en Europe et aller plus vite que les acteurs américains. « Un actif sur deux est déjà freelance aux Etats-Unis, rappelle Guillaume de Kergariou, qui a lui même quitté son CDI dans la banque pour lancer sa startup. La France a l’opportunité de proposer une réflexion et des solutions pour un jobbing alternatif, qui permet de travailler plus librement sans perdre ses droits sociaux. »

Le 13 février 2017


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