Guide consocolaborative

Mon voisin est mon livreur : ces plateformes pour ne plus aller faire ses courses

Partager [pssc_facebook] [pssc_twitter]

Jeunes actifs accros à la livraison ou personnes âgées ou dépendantes : ils sont de plus en plus nombreux à faire appel à des particuliers pour faire leurs courses, court-circuitant ainsi les services de livraison des grandes enseignes.

Ils s’appellent Shopopop, OuiKAN, Courseur, You2You ou encore Yper. En deux ans, les startups de livraison de courses entre particuliers se sont multipliées dans tout le territoire français. Elles s’inspirent du succès outre-Atlantique d’Instacart (lancé par un ancien d’Amazon), qui propose à des « shoppers » d’aller faire les courses pour leurs voisins au supermarché du coin.

« On s’adresse à deux publics différents, détaille Johan Ricaut, qui a lancé Shopopop, avec Antoine Cheul. D’un côté, de jeunes actifs et des couples avec enfants qui ont pris l’habitude de se faire livrer et cherchent à gagner du temps. De l’autre, des personnes dépendantes pour qui il est difficile de se déplacer. » Lancée fin 2016, Shopopop se déploie pour l’instant à Nantes, Rennes, Angers, Lyon et bientôt Orléans et Bordeaux. 1000 et 2000 utilisateurs font appel à ses services chaque mois, selon son fondateur.

En partenariat avec plusieurs distributeurs tels que Leclerc, Auchan ou encore Leroy-Merlin, la plateforme repose sur un système d’annonces. Le client fait ses courses sur le site de l’enseigne, puis poste la référence de sa liste sur Shopopop. Un des shoppers (livreur) peut alors récupérer les produits au « drive » d’un magasin pour les lui déposer à domicile.

« Certains shoppers en profitent pour faire leurs propres courses, d’autres passent simplement dans les parages »

« Certains shoppers en profitent pour faire leurs propres courses, d’autres passent simplement dans les parages », explique Johan Ricaut. Coût pour le client : six euros, dont cinq reviennent au livreur et un à Shopopop. « Un complément de revenu mais sûrement pas un travail », assure le fondateur, qui précise qu’il n’est pas possible de gagner plus de 5 000 euros par an et par personne de la sorte (limite au delà de laquelle les revenus de l’économie collaborative doivent être déclarés).

Différents modèles économiques

Dans ce secteur encore naissant, les modèles diffèrent. Chez OuiKAN, le shopper ne va pas simplement récupérer les courses dans un drive mais faire les achats au sein de l’hypermarché. « Je suis parti du constat que les modèles de livraison effectués par Internet n’étaient pas satisfaisants car on n’y trouvait pas tous les produits des hypermarchés », explique son fondateur Jean Yves Maurel, qui a travaillé pendant 15 ans dans la grande distribution.

Avec OuiKAN, la livraison en elle-même n’est pas rémunérée mais le Shopper bénéficie d’un certain nombre d’avantages, en partenariat avec les magasins. « Il cumule des bonus réalisés pour ces achats. Certaines enseignes créditent par exemple 5 % du montant sur une cagnotte qu’il peut ensuite utiliser personnellement », détaille Jean Yves Maurel.

Lancée en février 2017, la startup est encore dans une phase pilote avec plusieurs magasins de la région d’Aix-en-Provence. Quelques dizaines de courses sont réalisées par mois via la plateforme. « Les distributeurs sont intéressés mais aussi les municipalités, explique le fondateur qui assure être en discussion avec Amiens, Arles ou Toulouse. Elles y voient un prolongement de leur action sociale pour livrer des personnes âgées ou handicapées. »

Plus de livreurs que de clients

Si la rémunération peut sembler un peu faible, Jean Yves Maurel comme Johan Ricaut l’affirment : ce ne sont pas les volontaires qui manquent pour livrer leurs voisins. « On a plutôt du mal à recruter des clients », raconte le fondateur de OuiKan. « Il faut évangéliser, car c’est pas évident de se faire livrer ses courses par quelqu’un qu’on ne connait pas », confirme Johan Ricaut.

« La livraison a besoin de trouver de nouveaux modèles en s’appuyant sur les déplacements de tous les jours. »

Ces plateformes permettent aussi de s’adresser à des personnes situées en dehors des zones de livraison des supermarchés. « La livraison a besoin de trouver de nouveaux modèles en s’appuyant sur les déplacements de tous les jours, enchaîne le fondateur de Shopopop. On remet de l’humain dans un marché en pleine explosion. » Avec 100 millions de tickets de caisse par semaine, le marché a en tout cas de beaux jours devant lui. « Si on en capte 0,05 % on sera rentables », juge Jean Yves Maurel. De son côté Johan Ricaut espère devenir leader de la livraison de courses entre particuliers en 2018.

 

Le 9 janvier 2018


Comments

comments

Sur le Même sujet