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Miimosa : le financement participatif au service de l’alimentation et de l’agriculture vertueuses

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Accélérer la transition du secteur agroalimentaire vers un modèle de production plus respectueux en sollicitant les citoyens, c’est le pari que fait Miimosa. La plateforme permet de soutenir les projets d’entrepreneurs dans l’alimentation et des agriculteurs, grâce au crowdfunding ou au prêt entre particuliers. Depuis quelques mois, Miimosa s’est diversifiée en créant Miimosa transition, qui s’attaque à l’agriculture intensive.

Permettre aux citoyens d’aider à la création d’une ferme de spiruline, d’une fabrique de savon ou encore de miel grâce au financement participatif, c’est l’idée qu’a eu Florian Breton. Dédiée aux projets alimentaires, écologiques et agricoles, respectueux de la santé des consommateurs et de l’environnement, Miimosa a déjà accompagné 2000 projets  — qui varient au niveau des territoires, des thématiques ou des filières — en France et en Belgique. Pas moins de 12 millions d’euros ont été collectés,  grâce à 140 000 membres. 

Contreparties en nature

À 30 ans, Florian, fils de viticulteurs, plaque son job pour se lancer dans l’aventure. « Passionné par le secteur et convaincu qu’il fallait faire quelque chose pour accompagner le financement de toutes les transitions, il s’est rendu compte qu’aucun site de crowdfunding n’était dédié à cet effet » détaille Sophie Cucheval, directrice des opérations de Miimosa. « Pourtant, les entrepreneurs dans l’alimentation et les agriculteurs portent un sujet à fort impact sociétal. Malgré cela, les banques sont frileuses lorsqu’il s’agit de leur accorder un prêt et l’autofinancement est souvent impossible ».

Pour pallier ce néant, la plateforme fonctionne comme tous les sites de crowdfunding en proposant des contreparties qui varient selon les montants des dons. Et chez Miimosa, les dons sont en nature : paniers de fruits et légumes ou bouteille de vin, services ou activités à la ferme, participation à une après-midi de maraîchage ou parrainage d’animaux. « L’idée était d’avoir un outil grand public afin que tout le monde puisse se sentir concerné, qu’il soit facile d’aider avec un ticket d’entrée à cinq euros ».

Exemple de projets Miimosa©

La palette de Miimosa c’est ensuite diversifiée en 2018, année où la plateforme a commencé à proposer du prêt participatif « avec la même ligne directrice, on s’est demandé comment avoir plus d’impact sur le secteur, avec des contreparties qui permettent de lever plus d’argent ». Plafonné à 2000 euros, le bénéficiaire rembourse la somme sur une période et un taux d’intérêt donnés. Ces prêts entre particuliers permettent de financer des projets exigeants des besoins de compris entre 5000 et 200 000 euros. Miimosa ponctionne une commission de 8 % sur chaque campagne de crowdfunding et de 4 % sur les prêts.

Crowdlending et agriculture intensive

Début 2019, une deuxième plateforme est accolée à Miimosa, sous le nom de Miimosa Transiton, pour inciter de plus grosses structures à se convertir à l’agriculture biologique ainsi qu’aux énergies renouvelables. « À travers le crowdfunding et le prêt, on accompagnait les petites et moyennes exploitations. Avec Miimosa transition, on souhaite s’attaquer à l’agriculture intensive, dont les projets nécessitent un financement compris entre 50 000 et un million d’euros » explique Sophie. Miimosa est devenu partenaire d’une coopérative de distributeurs et d’institutionnels, capables de débloquer une partie de leur trésorerie et d’investir dans les projets de transitions portés par leurs fournisseurs ou leurs adhérents. Des groupes privés ou coopératifs comme Carrefour, Herta, d’Aucy, Danone ou Les Paysans de Rougeline, se sont aussi engagés et apportent leur leurs propres financements.

On a un enjeu pédagogique à travers nos collectes, à travers les histoires des projets qu’on partage. En plus de donner, il est possible de placer son argent dans l’économie réelle, des solutions durables plutôt que sur son livret A ou son assurance vie.

Comme celle de cet éleveur laitier, installé en Normandie qui a décidé de diversifier son activité en fabriquant des glaces artisanales dans sa ferme. « Il a collecté 22 000 euros auprès de 300 contributeurs locaux et a acheté un camion pour aller les vendre sur les routes autour de Honfleur ». Dans les contreparties, il était possible de réserver Philippe et son camion à glaces pour un mariage par exemple. « On a aussi beaucoup de projets de personnes en reconversion. À l’exemple de Myriam, ancienne institutrice qui a ouvert une vinaigrerie en Ardèche. Elle fait de l’accueil pédagogique, de l’agrotourisme et de l’hébergement » conclut Sophie. De quoi faire rimer transition personnelle et transition écologique.

 

Le 24 mai 2019


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