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Maxi levée de fonds pour MicroDon, le pionnier du mécénat collaboratif

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Pour réinventer nos manières de donner, la startup permet de verser de toutes petites sommes à des associations lors de ses achats ou sur son salaire. Elle vient de lever 2,7 millions d’euros auprès de Maïf afin de déployer sa technologie auprès des entreprises.

Vous l’avez peut-être déjà remarquée à la caisse du supermarché. La solution phare de MicroDon, l’ « Arrondi », permet d’arrondir son ticket de caisse à l’euro supérieur et de verser les centimes de différence à une association. Un don microscopique – d’où le nom – mais qui multiplié de nombreuses fois fini par peser : environ 2 millions d’euros ont été collectés par la startup en 2016, reversés à 350 associations.

« L’Arrondi se décline aujourd’hui sur les tickets de caisse, mais aussi les paiements en ligne, les retraits en distributeurs et surtout les bulletins de salaires », détaille Pierre-Emmanuel Grange, fondateur de MicroDon. Certifiée B-Corp, l’entreprise vient de lever 2,7 millions d’euros auprès de Maif Investissement Social et Solidaire. Objectif : développer ses activités, en priorité auprès des entreprises.

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Pierre-Emmanuel Grange © Microdon

Vers les salariés

Car pour Pierre-Emmanuel Grange le mécénat des grands patrons « à la papa » a vécu. Place au « mécénat collaboratif » : « fini le temps où le chef d’entreprise décidaient dans leur coin de verser une somme à telle ou telle fondation. Avec notre méthode, l’entreprise et les salariés choisissent ensemble trois ou quatre associations puis chacun est libre de lui verser une petite somme chaque mois sur son salaire. »

Une manière de déporter la solidarité vers les salariés plutôt que les patrons ? « Dans 99 % des cas, l’entreprise s’engage à doubler les dons versés par ses employés », rétorque Pierre-Emmanuel Grange, qui réfléchit aussi à proposer d’autres types de don. « On travaillé à une plateforme d’engagement pour que chaque salarié donne un petit peu de son temps plutôt que de son salaire tous les mois. »

Données sensibles

L’argent levé par MicroDon servira a perfectionner sa technologie. « C’est plus compliqué que nos cousins du crowdfunding car on doit se connecter à des données sensibles de l’entreprise, comme le système de gestion de paie », explique Pierre-Emmanuel Grange. 100 % des dons collectés sont versés aux associations, et la startup lancée en 2009 emploie aujourd’hui 15 salariés. Elle se rémunère via la vente de sa plateforme aux entreprises, un marché encore largement sous-exploité. « Il y a quelques années, un DRH ne savait pas ce qu’était un don sur salaire. On a encore du boulot ! »

Le 24 janvier 2017


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