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L’école de leur village ferme, des parents se regroupent pour monter la leur

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En Alsace, l’école Les Roseaux a fait le choix d’une pédagogie alternative, mais pas que. Elle veut devenir un laboratoire de pratiques collaboratives et écologiques : gouvernance partagée, achats groupé ou covoiturage.

26 Août 2017. À quelques jours de la rentrée scolaire, à Gries, en Alsace, 70 enfants se retrouvent sans classe. L’école alternative où ils sont inscrits vient de mettre la clé sous la porte. Pour les familles, c’est la douche froide. En effet, la plupart ont consenti à de gros sacrifices, allant jusqu’à vendre leur maison pour déménager plus près. C’est le cas d’Adeline Schwander : « on a été hyper abattu par cette catastrophe. Pendant 10 jours, avec d’autres parents, on a essayé de sauver l’école, mais l’accumulation de problèmes était tels que nos tentatives n’ont servi à rien. »

Alors, avec 14 autres familles, Adeline de créer une nouvelle école alternative. « On a monté une association, Les Roseaux, pour laquelle l’adhésion s’élève à 30 euros. C’est symbolique, mais c’est une façon de signifier qu’on intègre une communauté et qu’on n’est pas juste des consommateurs d’école. » La jeune femme en est la coprésidente. Mais l’association Les Roseaux est une structure où la prise de décision est distribuée, selon les principes de la « sociocratie ». Pour éviter la concentration des pouvoirs, trois autres coprésidents ont donc été désignés à ses côtés. Rapidement, leur projet d’école s’affirme autour de quatre valeurs : bienveillance, autonomie, coopération et ouverture.

Zone rurale et collaboration 

Matériel éducatif – Les Roseaux©

L’objectif de l’école est de former une communauté qui accompagne les familles bien au-delà des salles des classes. « On aimerait que cette école soit une rampe de lancement locale pour développer les pratiques issues de l’économie collaborative en milieu rural ». Pour changer de modèle, mais aussi permettre aux parents de s’y retrouver financièrement. Car scolariser son enfant en classe de maternelle ou de primaire aux Roseaux à un prix : 350 euros par mois, pendant douze mois. Pour faire baisser cette charge financière, les familles misent sur des pratiques innovantes. Par exemple : le covoiturage scolaire, des ateliers de fabrication (produits ménagers) ou encore des achats groupés et/ou en vrac, ainsi que des systèmes de troc.

Oui, une école alternative c’est cher, mais ça peut l’être moins si on change ses habitudes. Si on économise 50 euros grâce à du bénévolat dans l’école, 60 euros pour un plein grâce au covoiturage, 50 euros grâce aux achats groupés… 

Une fois le local trouvé, à deux pas de la forêt, les membres des Roseaux se confrontent à de lourdes tâches administratives. Ils en sortent victorieux, recrutent leur équipe pédagogique « avec un processus lui-même alternatif » et obtiennent un prêt bancaire ainsi que le fonds d’amorçage d’Alsace Active.

Apéritif entre parents et enfants de l’école – Les Roseaux©

L’école des Roseaux a ouvert pour la rentrée dernière. « On commence avec 17 enfants et on profite, car on sait que les autres écoles alternatives sont complètes et qu’on va avoir des demandes » confie Adeline. L’établissement achète son électricité — verte — chez Ekwateur et organise le samedi matin des rencontres ou des ateliers (dessin, naturopathie). Même si 7 familles ont quitté le projet en cours de route, Adeline a aujourd’hui envie de partager son aventure. « On va faire du transfert de savoir-faire et du tutorat pour que d’autres parents qui le souhaitent puissent, eux aussi, ouvrir leur école. »

Le 20 septembre 2018


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