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Le plan de Mutum pour « construire un monde sans argent »

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Et si l’on pouvait échanger des objets, mais aussi des services, des véhicules ou des logements sans argent entre particuliers ? Mutum prépare une levée de fonds auprès de ses utilisateurs faire sien ce vieux rêve de l’économie collaborative.

« La monnaie, ca doit servir aux échanges. Pas à faire plus d’argent ou plus de guerres », lance Frédéric Griffaton, directeur de Mutum, pour résumer sa philosophie. Sa plateforme est leader en France du partage d’objets entre voisins, sans commission. Et pour faciliter les échanges, elle fonctionne justement grâce une monnaie virtuelle, le Mutum, que l’on reçoit ou que l’on dépense pour prêter où emprunter des objets. 

60 000 objets sont inscrits sur la plateforme, avec un objectif de 300 000 d’ici fin 2017.   Mais l’ambition de la plateforme est aujourd’hui plus large. « On aimerait que cette monnaie permette de tout s’échanger, explique Frédéric Griffaton. Des outils, mais aussi des services, des véhicules, des appartements. » Connue comme un site de partage d’objets, Mutum voudrait s’imposer comme « créateur de monnaie alternative basée sur l’entraide et le partage. » Une monnaie qui pourrait être utilisée pour échanger des biens et services à tous les étages de la vie sociale.

Les utilisateurs au capital de la plateforme

Pour cela l’équipe va réaliser en janvier une levée de fonds, via une campagne de crowdlending sur la plateforme 1001pact. Objectif : mobiliser des milliers de membres de sa communauté pour qu’ils deviennent actionnaires de la plateforme en souscrivant des parts, à partir de 30 euros. « C’est en phase avec notre ADN et le mode gouvernance que l’on souhaite : que la plateforme appartienne à ses utilisateurs, qu’ils aient ainsi voix au chapitre », juge Frédéric Griffaton, qui s’est inspiré de la récente campagne de Peerby, une plateforme similaire des Pays-Bas. La SNCF devrait également participer à la levée fonds. 

Avec son système de monnaie virtuelle, sur laquelle on ne peut pas spéculer mais uniquement échanger, Mutum échappe aux débats récents sur la taxation des revenus de l’économie collaborative et du même coup aux récentes règlementations du secteur. Bon point. Mais – personne n’est parfait – elle a de même besoin d’argent pour rémunérer son équipe… d’autant que son modèle économique sera viable « sur 15 ou 20 ans », avoue Frédéric Griffaton.

Demain, si Mutum parvenait à imposer sa monnaie pour de plus en plus de biens et services, il lui serait possible de tirer un revenu de l’analyse de ses données. « On pourrait savoir qui fait de l’obsolescence programmée, aider les distributeurs à mieux s’implanter, aider les villes à lutter contre les déchets », illustre Frédéric Griffaton. Un Big Brother dans un monde sans argent ? « On analysera l’usage qui est fait des objets mais jamais les données personnelles ! » 

 

Photo de une : l’équipe Mutum © Mutum

Le 22 décembre 2016


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