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Le covoiturage en ville est un échec. Voici comment LESS veut y remédier

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Il est la solution évidente aux embouteillages et à la pollution mais peine à décoller dans les centres-villes. Forte d’une levée de fonds de 16 millions d’euros, la startup va proposer une formule repensée pour motiver enfin passagers et conducteurs à rouler ensemble.

1,7. C’est le nombre de passager par voiture qu’il faudrait atteindre pour supprimer totalement les bouchons à Paris (selon la mairie). 1,1. C’est là où nous en sommes actuellement. Rien qu’en région Île-de-France, 8 millions de personnes se déplacent chaque jour seules dans leurs voitures.

Et si le covoiturage d’une ville à l’autre se développe rapidement, la plupart des startups qui essayent de le développer au sein des centres urbains peinent encore à décoller. Ce malgré des aides fréquentes de la part des municipalités, soucieuses de désengorger leur centre-ville. C’est dans ce contexte complexe que LESS, dernière venue du covoiturage courte distance, veut tirer son épingle du jeu.

Denis Collin
Denis Collin, cofondateur de LESS ©

« On a fait le constat que c’était pour l’instant trop compliqué pour le conducteur et le passager de covoiturer en ville, explique Denis Collin, cofondateur de la startup. Côté passager, je n’ai pas envie de faire une réservation à l’avance pour un petit trajet dont j’ai du mal à anticiper l’horaire précisément. Côté conducteur, faire un détour et embarquer quelqu’un pour gagner 2 ou 3 euros n’est pas suffisamment motivant. »

Pas de réservation

LESS table donc sur un nouvel algorithme qui supprime à la fois la réservation et le point de rendez-vous. Pour cela tout se passe dans la fidélisation des conducteurs. Ceux-ci sont incités à activer LESS dès qu’ils le peuvent et gagnent de l’argent, qu’ils rencontrent un passager ou pas. C’est également au passager de se rendre jusqu’à la voiture et pas l’inverse pour qu’aucun détour ne soit nécessaire.

Évidemment, un tel système ne fonctionne que si le nombre de conducteurs est suffisant pour que le passager puisse réserver un trajet à la dernière minute, comme pour un VTC. « Il ne doit pas non plus avoir à marcher plus de 200 mètres pour rejoindre un conducteur », ajoute Denis Collin. La startup a donc commencé à rémunérer des conducteurs pour utiliser l’application sans même avoir ouvert son service au passagers. « On veut être sûr d’avoir assez d’offres de trajets quand on se lancera », justifie le cofondateur.  

16 millions d’euros levés

Également cofondée par le Jean Baptiste Rudelle, fondateur de Criteo, LESS se donne les moyens de ses ambitions avec une première levée de fonds de 16 millions d’euros. La startup se lancera prochainement à Paris et dans les Hauts-de-Seine, avant de s’étendre au Grand Paris, « mais pas au-delà ».

Comme notre nom [Moins en francais, NDLR] l’indique, notre objectif est qu’il y ait moins de voitures sur les routes, donc moins d’embouteillages et moins de pollution, explique Denis Collin. Car pour l’instant dans les centres villes, c’est l’inverse qui s’est passé. « Les VTC comme Uber ont jeté jusqu’à 25 % plus de voitures qu’avant en ville. » L’avenir nous dira si LESS a  (enfin) trouvé la formule magique permettant de développer massivement le covoiturage dans nos métropoles.

Le 27 décembre 2017


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