Guide consocolaborative

La revue de presse du partage

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ÉCONOMIQUE ET CONVIVIAL : COMMENT DÉMÉNAGER « COLLABORATIF »

 

Si, comme 3 millions de Français, vous avez décidé de déménager cette année, mais que la camionnette de votre beau-frère est en panne et que vos amis sont soudainement injoignables, ne désespérez pas, l’économie du partage est votre alliée. Tout d’abord, débarrassez-vous des objets inutiles en les revendant sur Leboncoin.fr ou en les donnant sur Freecycle.org. Vous ferez des heureux sans rien jeter. Vient ensuite la question du transport : sur Drivy.com, vous trouverez des véhicules utilitaires de toutes tailles mis en location par des particuliers. Besoin de gros bras ? Mydemenageur.com vous en fournira. Et si vous cherchez un bricoleur pour assembler votre cuisine ou monter vos étagères, Pour-combien.com est la solution. Une perceuse ? Louez-la à un particulier sur Zilok.com ou empruntez-la gratuitement sur Sharevoisins.fr. Si vous en avez acheté une (tout en sachant qu’elle ne servira que douze minutes dans votre vie) et que vous ne savez pas où la stocker ensuite, direction Costockage.fr. Vous y louerez un grenier ou une cave à un particulier, afin d’y entreposer vos affaires, – qui seront assurées. Au total, l’économie du partage vous permettra d’économiser jusqu’à deux tiers du prix d’un déménagement. Mais n’oubliez pas : c’est toujours à vous d’offrir la bière.

 

CORÉE DU SUD : UN « UBER » PLUS ÉTHIQUE

 

En interdisant UberPop et ses concurrents Djump et Heetch, qui mettent en relation chauffeurs indépendants et usagers, la France a cédé à l’appel des taxis. Elle a aussi affiché sa volonté de lutter contre l’évasion fiscale et les « tactiques de guérilla » de la start-up américaine, qui n’a pas dit son dernier mot. En Corée du Sud, l’État ne s’est pas contenté d’interdire UberPop : il a lancé une version locale de ce service : KakaoTaxi.

En seulement trois mois, cette application a connu le succès : elle enregistre déjà 5 millions de courses et fédère un tiers des taxis du pays. Sa particularité ? Elle est gratuite, tant pour le chauffeur que pour le client (contrairement à Uber, qui prélève une commission) et ne fédère que des conducteurs pourvus d’une licence. Tout comme Uber, KakaoTaxi permet au client de connaître en temps réel la position du taxi le plus proche et d’évaluer le tarif de la course. Mais surtout, l’appli offre des gages de sécurité : une fois le chauffeur attribué, le client peut envoyer à ses proches une fiche d’information.

Une fonction particulièrement plébiscitée par les femmes, qui constituent l’essentiel de la clientèle.

Derrière ce service, on trouve la compagnie coréenne Daum Kakao, le géant local d’Internet, connue pour sa messagerie KakaoTalk, utilisée par les deux tiers des 50 millions de Sud-Coréens. Devant le succès rencontré par ce service, Daum Kakao a annoncé début juin qu’elle envisageait déjà d’exporter son service à New York.

 

CATALOGNE : UNE MONNAIE VIRTUELLE ET ÉQUITABLE

 

Les monnaies locales complémentaires, qui encouragent la circulation de l’argent et dynamisent l’économie locale, sont en plein essor. En France, on en compte déjà une trentaine : l’eusko au Pays basque, le sol-violette à Toulouse, le miel à Grenoble… Mais ces devises n’ont pas les avantages du bitcoin : sécurité, anonymat et décentralisation.

Problème : cette monnaie électronique est devenue un outil de spéculation. Pour allier le meilleur des deux systèmes, une « crypto-monnaie équitable » est née en Catalogne. Lancée début 2014 par la Cooperativa catalana integral, un réseau de coopératives, d’associations écologistes et altermondialistes, elle porte le nom de faircoin. Parmi ses promoteurs, on retrouve Michel Bauwens (de la P2P Foundation), Étienne Hayem (créateur du symba en Île-de-France) et Enric Duran, alias le « robin des banques », ce Catalan qui avait emprunté près de 500 000 euros en 2008 pour les distribuer à des oeuvres sociales. Le faircoin veut devenir la devise de toutes les entreprises et associations de l’économie sociale et solidaire ; avec des atouts écologiques (ses serveurs consomment beaucoup moins d’électricité que le bitcoin), démocratiques (aucune entité centrale ne la contrôle) et surtout avec des prêts mutualisés à taux zéro. Avec 1 million d’euros déjà récoltés en un an, le faircoin pourrait rendre à l’économie collaborative sa vraie nature.

 

COAVIONNAGE : LE BLABLACAR DES AIRS

 

Vous trouvez les trajets en covoiturage interminables ? Coupez par les airs ! Plusieurs plateformes internet permettent de voyager à bord d’un avion privé, du coucou au jet de luxe. Comptez une centaine d’euros pour voler de l’île d’Yeu à Paris, en survolant les châteaux de la Loire, à bord d’un Robin DR400. Le tout dans un esprit forcément collaboratif, car la loi interdit au pilote de vous faire payer plus que votre part de carburant s’il n’a pas de licence commerciale. Prudence donc : l’aviation légère est avant tout un plaisir et non un mode de transport. Plusieurs sites, tous gratuits, s’adressent aux coavionneurs : Wingshare.fr, Coavmi.com ou encore Offwefly.eu. Pour un voyage en jet, c’est plus cher : entre 600 et 2 000 euros pour un vol de 500 kilomètres, service de bord inclus. Des prix qui restent toutefois inférieurs de 80 % à la moyenne, car les plateformes qui proposent ces offres haut de gamme, comme Cojetage.com ou le très élitiste Blackjet.com – dont le PDG est un ancien d’Uber –, rentabilisent des avions qui auraient, sinon, volé à vide.

 

TOUT S’ÉCHANGE DANS LA VILLE

 

Fin mai, la commune de Grande-Synthe (nord) a lancé Eco-mairie.fr, « le premier site de partage collaboratif et durable qui utilise la géolocalisation pour favoriser la mise en relation dans une hyperproximité ». La plateforme permet aux habitants d’échanger ou de revendre d’occasion des biens et du matériel. Et à la ville de réduire les encombrants. Cinq domaines sont concernés : bricolage, jardinage, mobilier, vêtements et jeux. « Il s’agit des produits que l’on retrouve le plus dans la collecte des encombrants, alors qu’on peut aisément en faire profiter ses voisins », explique la mairie, qui précise « qu’en fonction des besoins des habitants, le site pourra intégrer d’autres domaines, comme l’animalerie ou l’équipement sportif ».

 

GOOGLE SE MET AU COVOITURAGE

 

Waze, l’application d’aide à la conduite de Google, intègre désormais le covoiturage. Ce service vient concurrencer blablacar en mettant directement en relation les conducteurs et les passagers. Pour éviter les bisbilles avec les taxis, le système surveillera les chauffeurs afin qu’ils ne s’éloignent pas trop de leur parcours et limitera leur nombre de trajets à deux par jour. Google, lui, empochera 15 % du prix de la course. L’application est actuellement testée en Israël, pays d’origine de Waze, déjà connu pour ses taxis collectifs « sherouts ».

 

Cet article est initialement publié sur WeDemain en partenariat avec MAIF, pour une société collaborative.

Le 10 septembre 2015


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