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Moins de pollution, moins d’inégalités : la gratuité des transports en commun fait son chemin

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En 20 ans, de nombreuses villes ont expérimenté la gratuité totale ou partielle des transports en commun. Aujourd’hui, de grandes villes comme Berlin ou Paris envisagent de franchir le pas pour lutter contre la pollution et les inégalités.

Et si demain, on empruntait métro, tram ou bus sans même avoir besoin de ticket ni de payer ? L’idée fait son chemin sur le continent européen, selon un courrier adressé, dimanche 11 février, à la Commission européenne, l’Allemagne envisagerait sérieusement de prendre cette mesure pour réduire la pollution dans les villes, en particulier à Berlin. Elle pourrait y prendre effet « au plus tard à la fin de l’année ».

Cette semaine, c’est à Paris que Anne Hidalgo a déclaré conduire « une vaste étude sur le sujet, qui associera des experts français et étrangers ». Elle avait auparavant expliqué dans un entretien aux Échos que « la question de la gratuité des transports est une des clés de la mobilité urbaine dans laquelle la place de la voiture polluante n’est plus centrale ». Une logique déjà partiellement enclenchée avec la décision d’aligner les prix du pass Navigo entre Paris et sa banlieue.

Une idée pas si neuve

Rappelons que si c’est la première fois que des capitales telles que Paris ou Berlin se penchent sur cette idée, elle est déjà une réalité dans plusieurs villes d’Europe. Une réalité à géométrie évidemment variable : de nombreuses communes françaises ont rendu tout ou partie de leur réseau de transport gratuit. La palme revenant à Niort, la plus grande des agglomérations (120 000 habitants) à avoir opté pour la gratuité totale.

En dehors de France, les « transports libres » ont aussi leurs représentants, en particulier dans les pays du Nord. Tallinn, la capitale de l’Estonie, a ainsi ouvert son réseau d’autobus, trolleybus et tramways à ses 447 414 habitants, un record. Idem pour Torrevieja en Espagne (101 381 habitants). Une liste complète des cités engagées dans cette dynamique est disponible ici. Là encore, on constate que cette gratuité est parfois soumise à des conditions de revenu ou de résidence, et circonscrite à certaines lignes de transport.

Comment sauter le pas ?

Évidemment, la question du financement de telles mesures se pose. Qui dit gratuité, dit souvent plus d’impôts pour les locaux. Certaines municipalités ont ainsi fait le choix de revenir à un système payant au bout de quelques années d’expérience. Pourtant, cette mesure permet d’économiser sur les frais de contrôle des billets, et de doper les déplacements et donc l’activité économique dans les villes.

Au-delà de la question de la rentabilité du système de transport, la gratuité génère d’abord d’importants bénéfices sociaux et écologiques. Elle met les citoyens à égalité devant la mobilité et désenclave certains quartiers éloignés du centre. Elle diminue la pollution liée aux voitures en encourageant massivement l’utilisation des transports en commun. À Vitré (18 000 habitants), en Ille-et-Vilaine, leur fréquentation aurait été multipliée par sept en 10 ans ! D’où l’importance d’une politique de transport renforcée pour les villes qui veulent sauter le pas…

 

Le 20 mars 2018


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