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La consommation collaborative bonne pour la planète ? Pas si simple, d’après cette étude

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Si l’argent économisé en empruntant un bien sert à consommer plus ou si le covoiturage remplace le train, l’impact environnemental de la consommation collaborative serait même négatif, juge l’ADEME.

Du côté des défenseurs de l’environnement, la consommation collaborative a la cote. Partager les objets plutôt qu’en acheter. Covoiturer plutôt qu’utiliser sa voiture. Échanger ses appartements plutôt que de construire des hôtels… Autant de pratiques qui semble spontanément bonnes pour la planètes parce que économes en ressources. Tout n’est pourtant pas si simple, selon un rapport de l’ADEME.

Réalisée aux côté du CREDOC, de OuiShare et de Bio by Deloite, cette étude s’est concentrés sur trois secteurs principaux de la consommation collaborative : le covoiturage, l’échange de biens et les logements partagés. Résultat : le potentiel environnemental de la consommation collaborative est à relativiser et dépend fortement du secteur et des pratiques.

Quid du covoiturage ?

L’impact environnemental du covoiturage est ainsi fonction de la distance sur laquelle il est pratiqué. De manière surprenante, les trajets les plus prometteurs sont les petits trajets, comme celui du domicile au travail,. Ils sont quotidiens et souvent effectués en solitaire. Aller au travail à 2 ou plus dans une voiture réduit donc de moitié l’impact du trajet en terme d’émissions carbone. « Aujourd’hui cette pratique demeure néanmoins mineure », précise l’étude (5 % des trajets).

Pour les trajets longue distance, les choses sont plus difficile à évaluer. En cause : l’effet rebond. Parmi les passagers, 67 % auraient en effet pris le train ou le bus et 12 % ne se seraient carrément pas déplacés s’ils n’avaient pas eu recours au covoiturage. Avec un impact environnemental donc inférieur à la voiture, même partagée.

Échange de biens et d’appartements

Tout dépend de quel bien et de pour combien de temps. Se déplacer pour louer une perceuse à un particulier et faire quelques trous n’est pas plus écolo que de la louer à un professionnel. En revanche, donner une seconde vie à une machine à laver ou une tablette est plus intéressant. Là encore, gare au fameux « effet rebond » : si l’argent économisé en échangeant des biens est investi dans des achats polluants, le gain environnemental devient nul.

Le partage d’appartement est lui  aussi soumis à caution. Louer un grand appartement pour le prix d’une chambre d’hôtel est intéressant pour le consommateur. Mais l’impact écologique est alors nul voir négatif. En revanche, la colocation, en mutualisant certains équipement et certaines pièces de l’appartement, permet de réduire la taille des logements et leur dépense énergétique.

Le 24 mars 2017


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