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La Charrette, un « Blablacar des producteurs » pour développer les circuits courts

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Mutualiser les livraisons des uns pour transporter les fruits et légumes des autres : c’est la recette de La Charrette, une plateforme de livraison collaborative pour producteurs. Ses deux cofondatrices espèrent ainsi rendre les circuits courts plus rentables et plus écologiques.

Pourquoi une orange locale peut-elle avoir une empreinte carbone supérieure à une orange importée d’Espagne ? Et pourquoi une pomme de terre cultivée localement coûte-t-elle souvent plus cher qu’une autre qui a parcouru 1000 kilomètres ? À ces deux questions, la réponse est la même : la livraison est complexe et onéreuse pour les producteurs locaux. En Nord-Pas de Calais, elle représenterait par exemple jusqu’à 40 % de leur chiffre d’affaires, selon une étude de l’institut IFSTTAR.

« On s’est aperçu que c’était le principal problème pour les producteurs en circuits courts, explique Laura Giacherio. La vente directe est aléatoire, et la livraison, quand on est seul, revient chère puisque tout le véhicule n’est souvent pas rempli. » Avec sa soeur Marie, elle a lancé « La Charrette » pour y remédier. Leur plateforme reprend les principes du Blablacar des débuts pour l’appliquer à la livraison de fruits, légumes, viandes, vin ou champignons.

Producteur cherche producteur

Le site étant sorti il y a seulement un an, La Charrette se limite pour l’instant à un système de petites annonces, permettant aux producteurs de proposer ou rechercher des trajets afin de mutualiser leurs livraisons. Mais il a déjà rencontré un écho très positif dans la région Rhône-Alpes où il a été expérimenté, assure Laura Giacherio. « Nous avons discuté avec des producteurs, des associations, des chambres d’agriculture. Tous étaient très partants, mais personne ne le faisait : il manquait une plateforme pour initier le mouvement. » 

Il est vrai que si de nombreuses startups se lancent sur le créneau de la livraison entre particuliers, aucune ne visait pour l’instant les producteurs. Une centaine serait désormais inscrite sur La Charrette. « On a par exemple un producteur de truffes qui tient à voir ses clients à chaque livraison, illustre la cofondatrice. Il a beaucoup de place dans son véhicule et peut donc transporter des produits pour d’autres. » Distance moyenne des trajets effectués : 70km, pour lesquels le livreur demandera environ 10 euros.

Toute la France en 2019

Après ces premiers pas, La Charrette veut attirer plus d’utilisateurs en rendant son site web plus efficace et plus intuitif. « Il y a pleins de choses que l’on pourrait développer, explique Laura Giacherio : un estimateur de prix, une assurance sur les produits transportés, le paiement en ligne, la géolocalisation ou encore permettre aux particuliers de livrer eux aussi des produits en circuit-court. »

Pour financer ce développement, la jeune pousse a lancé une campagne de crowdfunding sur la plateforme WeDoGood. Si tout se passe bien pour La Charrette, un investissement de 100 euros devrait ainsi vous rapporter 200 euros en royalties. « Notre objectif est de trouver un modèle économique en prélevant 10 % sur tous les trajets qui passeront par le site », ajoute Laura Giacherio. D’ici 2019, elle espère pouvoir étendre son activité sur toute la France.

Le 9 mai 2018


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