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La Base : le QG de tous les citoyens qui veulent agir contre l’injustice climatique et sociale

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Fondée par une dizaine d'ONG qui combattent l'injustice climatique et sociale, la Base a ouvert ses portes il y a quinze jours. Situé rue Bichat, à deux encablures de la place de la République à Paris, ce lieu collaboratif ambitionne de devenir le QG de la mobilisation citoyenne, écologique et solidaire.

Lucas Francou, un des trois coordinateurs de l’espace, nous reçoit sous la grande verrière du bâtiment industriel fraîchement aménagé.

Quelles sont les ONG à l’origine de la Base (Base d’Action Sociale et Écologique) ?

Lucas Francou : Le Mouvement Utopia, FAIRE, Alternatiba, Partager c’est sympa, 350.org, Notre Affaire à tous, Le Consulat, Nature Rights et ANV 21 COP sont les ONG qui ont créé la Base. Elles ont toutes des besoins en termes de mobilisation, et des champs d’action différents. ANV 21 COP par exemple, initie des actions de désobéissance civile non violentes, d’autres à des manifestations plus classiques. Notre affaire à tous, qui est à l’origine de l’Affaire du siècle, a lancé une pétition qui a récolté plus de 2,5 millions de signatures. Nous accueillons également des résidents en coworking comme La Ruche, Co-gitons, Extinction Rebellion, Mon Revenu de Base et Boycott Citoyen qui prennent part à la vie du lieu.

En quelques mots, pouvez-vous nous décrire le lieu ?

La Base est un espace de 700 mètres carrés, divisé en plusieurs zones. Au rez-de-chaussée se trouve un bar ouvert sur un espace évènementiel. On y a déjà organisé des projections, des ateliers, des conférences et même des fêtes. Des concerts sont aussi prévus, mais la scène reste à construire. Au premier étage, la mezzanine est occupée par les bureaux des ONG, l’espace de coworking, des salles de réunions fermées et une salle de pause. On a également laissé de la place pour fabriquer et stocker le matériel nécessaire aux mobilisations. Nous sommes ouvert tous les jours à partir de 18 heures, et du vendredi au dimanche toute la journée

La Base façade extérieure – Chris Charousset©

Quels sont les objectifs en termes d’actions Base ?

Notre objectif central est d’inciter les citoyens à s’engager. Et pour nous, ça commence avec un lieu ouvert au public, dont la porte est facile à pousser. Et avoir en plus un lieu qui fédère plusieurs organisations, pour des gens qui souhaitent s’engager ça abaisse le niveau de complexité. Tous les derniers mardis du mois, on organise une soirée d’accueil et de présentation des ONG. Plusieurs modalités d’engagements sont proposées. Si l’une d’entre elles plaît, il n’y a plus qu’à discuter avec un des membres de l’ONG choisie et devenir militant ! 

On a aussi pour vocation d’être un support logistique pour tous les mouvements qui agissent contre l’injustice climatique et sociale. On met à leur disposition, nos espaces de réunion et d’événements à prix libres. On leur prête du matériel vidéo ou audio – mutualisation des ressources oblige — et nos canaux de communication.

450 bénévoles déjà mobilisés pour la Base, 120 demandes d’organisation d’événements : comment expliquez-vous un tel décollage ?

Les communautés propres à chaque ONG sont déjà existantes, à contrario d’autres lieux qui se lancent et doivent créer la leur. Cela nous a pas beaucoup aidés, notamment pour notre campagne de crowdfunding. Aussi, on est là pour 13 mois, ce qui représente une contrainte créative qui colle à l’urgence de l’actualité. La Base est un projet qui est allé très vite. La première réunion où on s’est dit qu’on devrait monter ce projet était le 10 janvier 2019. C’était un rêve des dix organisations, que d’avoir un QG commun. Ce rêve est devenu réalité quand l’opportunité immobilière s’est présentée et tout le monde a foncé et y a consacré énormément de temps et d’énergie. On pense qu’on ne s’est pas trompés même si on est conscient que l’engouement est aussi lié aux débuts du lieu.

Bénévole La Base – Clément Tissot©

Quel est le mode de gouvernance de la Base ?

Chacune des dix organisations fondatrices de la Base est représentée ainsi que les coordinateurs et les référents de chacun de nos groupes de bénévoles, car la Base fonctionne grâce à eux. C’est primordial qu’ils soient représentés dans notre mode de gouvernance horizontal. D’ailleurs, nos réunions internes ont lieu le soir, pour que ces bénévoles puissent là. Quand on veut amener des gens à l’engagement, le modèle ne peut pas être uniquement adapté à des personnes disponibles toute la journée et qui ne font que du militantisme.

Comment fonctionnez-vous au niveau du budget ?

On loue à un propriétaire privé l’espace pour 200 000 euros par an, avec un bail précaire de 13 mois. Pour payer ce loyer, les salaires des trois coordinateurs présents à temps plein, les charges, l’achat des boissons que l’on revend nous devons trouver 400 000 euros.

Pour le moment ce qu’on imagine c’est que 25 % de nos revenus seront issus de la location d’espace de coworking et de bureau, 25 % des ventes du bar et 25 % des dons — via les adhésions libres et notre campagne de crowdfunding qui nous a permis de lever 100 000 euros. Les derniers 25 % proviendront de la location de salle de réunion et de l’espace évènementiel du rez-de-chaussée, mais on est en train de revoir ces prévisions à la baisse. On compte donc beaucoup sur la fréquentation du bar et les dons. On ne touche aucune subvention publique, on tient grâce aux citoyens qui veulent qu’on existe !

 

Image de Une :  Clément Tissot©

Le 12 avril 2019


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