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Karma, l’application qui offre une deuxième vie aux invendus alimentaires

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Arrivée de Suède, Karma a débarqué hier en France. Pour son lancement, c’est dans les IIe et IXe arrondissements parisiens que la startup s’attaque au gaspillage alimentaire. En mettant en relation restaurants ou magasins ayant des invendus et particuliers, elle compte s’étendre rapidement à toute la France.

Aujourd’hui, 41,2 tonnes de nourriture sont gâchées chaque seconde dans le monde. En France, ce sont plus particulièrement 10 millions de tonnes d’aliments consommables qui partent chaque année à la poubelle. 20 kilos par an et par habitant, un gâchis qui coûte 12 à 20 milliards d’euros chaque année à la France (chiffres Karma). Pour combattre ce fléau économique, écologique et éthique, quatre Suédois ont lancé Karma. Créée il y a deux ans à Stockholm, la startup s’est donnée pour mission de lutter contre le gaspillage alimentaire, en mettant en relation des partenaires (restaurants, commerces de proximité et supermarchés) avec des utilisateurs. Elle souhaite aussi permettre au plus grand nombre de bien manger.

Hjalmar, Elsa, Ludvig & Mattis, fondateurs de Karma – Karma©

Des produits de qualité à moitié prix

« Les utilisateurs savent exactement ce qu’ils vont récupérer. C’est important de donner le choix pour des questions de goût, de restrictions ou de régime alimentaire » précise Alexis Cohen, responsable de Karma en France. « On sait tous qu’il faut faire quelque chose pour lutter contre le gaspillage, mais entre le savoir et le faire, il y a parfois un monde. Nous, on considère que tout ce qui va aider l’utilisateur à choisir va l’aider à changer son mode de consommation ».

Application Karma – Karma©

La cible de Karma : ceux qui ont envie de bien manger, ceux qui sont sensibles au gaspillage alimentaire, mais aussi tous ceux qui ont un faible pouvoir d’achat « comme les 8,9 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté » . En effet, sauver un produit destiné à la benne à ordures permet d’obtenir une réduction de 50 % par rapport à son prix de vente d’origine. Karma se rémunère en prélevant une commission de 25 %. Aucun abonnement, aucuns frais fixes, ni aucun engagement ne sont imposés par la plateforme.

Partenaires particuliers

Du côté des partenaires, c’est le plébiscite : « c’est un moyen pour eux de s’engager dans une mission noble. Ils peuvent arrêter de jeter leurs invendus tout en augmentant leur notoriété, car ils gagnent en visibilité sur notre site ». Plus d’une centaine font déjà confiance à Karma, comme la chaîne Baggelstein, Père & Fish, un des restaurants du Chef Thierry Marx ou des petits commerçants. Pour eux, « c’est vraiment gagnant-gagnant. Il leur suffit d’ajouter leurs articles ou aliments invendus dans l’application lorsqu’ils sont proches de leur date de péremption. »

Exemple de repas – Karma©

 

À son lancement, Karma a immédiatement rencontré un énorme succès en Suède, puis en Angleterre où elle s’est implantée il y a un an. Dans la foulée, l’équipe a bouclé une levée de fonds de 12 millions de dollars, pour accélérer son expansion à l’international. Testée depuis  janvier dernier à Paris, dans les IIe et IXe arrondissements, Karma s’étendra à toute la capitale avant le début de l’été. « La phase de test a duré trois mois et  les résultats ont été très positifs. On s’est lancé officiellement hier avec beaucoup d’enthousiasme ».

Bien que Karma ne soit pas la seule structure à proposer ce type de service, pour Alexis « le problème du gaspillage alimentaire est tel, qu’il faudra très longtemps avant qu’il n’y ait trop d’acteurs dans ce secteur. D’ailleurs, les associations, les entreprises privées et publiques, ainsi que le gouvernement devraient s’emparer de cette cause. Car un tiers de la nourriture produite est encore jetée.»

 

Image de Une : Karma©

 

Le 13 mars 2019


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