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Just One Giant Lab, le laboratoire virtuel qui veut révolutionner la recherche collaborative

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Comment décloisonner la science académique et permettre aux communautés citoyennes de vraiment prendre part à la recherche ? Le cofondateur de la Paillasse Thomas Landrain lance une plateforme collaborative ouverte aux chercheurs, ONG, entrepreneurs et citoyens pour y arriver.

Développer une véritable alternative ouverte et inclusive au modèle académique de la recherche. Tel est l’objectif que s’est fixé Thomas Landrain en lançant, avec les chercheurs Marc Santolini et Léo Blondel, la plateforme Just One Giant Lab (JOGL). Ce « laboratoire virtuel » vise à repenser la science à l’échelle planétaire en permettant à des chercheurs et des citoyens de travailler ensemble sur des projets de recherches.

« Nous voulons être le premier institut de recherche et d’innovation entièrement ouvert (tout le monde peut contribuer) et distribué (pas de gouvernance centralisée), sans espace physique, fonctionnant comme une plateforme de mobilisation sur des programmes massivement collaboratifs », explique Thomas Landrain, qui n’en est pas à son coup d’essai. Ce chercheur en biologie synthétique est également un des initiateurs du laboratoire communautaire La Paillasse, à Paris.

Algorithmes d’animation

JOGL veut s’attaquer à une double impasse. D’un côté, le monde de la recherche académique fonctionne de manière fermée, sous brevet, et ne laisse pas de place aux citoyennes. De l’autre, la plupart des communautés de recherche ouvertes ou des « biohackerspaces » (laboratoires citoyens) peinent à rassembler assez de contributeurs et à établir un modèle économique solide.

La plateforme ambitionne donc de s’appuyer sur des algorithmes, « capables de prendre le relais des community managers sur l’animation des communautés et optimiser les ressources de chaque acteur sur la plate-forme ». Objectif : pouvoir faire travailler ensemble des dizaines de milliers de personnes : chercheurs, mais aussi ONG, entrepreneurs sociaux, grands groupes, citoyens, hackers…

Entièrement gratuit

Impossible de savoir pour l’instant quels projets seront portés par la plateforme, qui se lancera officiellement en mai 2019. Mais Thomas Landrain dit s’être inspiré de deux programmes de recherches initiés à La Paillasse pour imaginer JOGL. D’un côté, Epidemium, un programme qui avait pour but « de tester la capacité de la foule et des communautés à travailler conjointement sur le cancer dans un cadre ouvert et bénévole. » De l’autre, Commonground, un programme d’intelligence artificielle relatif à l’organisation des équipes de science collaborative.

La plateforme de recherche se veut entièrement gratuite et open source. « On veut décharger les projets de la nécessité de créer leur propre plateforme pour qu’ils puissent se concentrer sur l’impact terrain », détaille Thomas Landrain. « S’il manque un module, la communauté pourra le développer et il bénéficiera aux futurs membres ». Côté modèle économique, JOGL s’appuiera donc sur des partenaires désireux de soutenir tel ou un tel programme de recherche. D’ici deux ans, le cofondateur espère « devenir une plateforme de référence pour l’innovation ouverte et rendre la recherche plus inclusive pour les talents partout dans le monde. »

 

Image de une : l’équipe de JOGL.

Le 22 mars 2019


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