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I-boycott.org : une plateforme de « boycott bienveillant » pour faire plier les grandes marques

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Le site I-boycott.org permet de proposer une campagne de boycott sur un produit ou une marque à des milliers de consommateurs. Les fondateurs du site revendiquent la bienveillance et misent sur le dialogue avec les entreprises visées.

Quatre : c’est le nombre de victoires recensées par la plateforme I-Boycott depuis son lancement il y a moins de deux ans. Parmi celles-ci : la fin du partenariat de la marque Oasis avec les cirques Pinder accusés de maltraiter ses animaux où l’arrêt progressif de la pêche au DCP (dispositif de concentration de poisson) pratiquée jusqu’alors par la marque Petit Navire.

À l’origine de cette plateforme de boycott : deux frères, Levent et Bulent Acar, bientôt la trentaine, lassés des pratiques douteuses de certaines entreprises sans avoir d’outils pour y remédier. C’est finalement le boycott qu’ils trouvent le plus pertinent pour faire bouger les lignes. Ensemble, ils fondent l’association I-Boycott en 2015 et le site affilié en 2016.

« Boycotter seul c’est bien. Ensemble, c’est le contre-pouvoir. Et avec bienveillance, c’est le changement. »

Aujourd’hui, celui-ci revendique 90 000 consom’acteurs, ces consommateurs qui refusent d’acheter des produits non éthiques à leurs yeux sur le plan sociétal, sanitaire ou environnemental. « Le boycott, ça touche à deux piliers : d’un côté l’argent, mais c’est limité. De l’autre : l’image de marque. Avec nos budgets dérisoires, on peut faire des vidéos qui sont visionnées un million de fois, engager un rapport de force et mettre à mal cette image », assure Bulent Acar.

Approche ouverte

Chaque citoyen peut lancer une campagne de boycott. Avant d’être validée, elle est soumise au vote et à la critique de la communauté et doit recevoir le soutien d’au moins 1 000 boycottants en un mois. Si elle franchit cette période d’incubation, elle est ensuite publiée sur le site pour essaimer. La communauté peut également apporter des idées d’alternatives à la pratique ou l’entreprise mise en cause, c’est le « buycott ».

Conscients de la crainte que peut engendrer ce genre de campagnes, les fondateurs, qui se défendent de tout dogmatisme, décident de donner la parole aux marques sous le feu des critiques. « Le mot fait peur, mais quand on regarde l’expression, c’est juste choisir un produit ou pas. Aux États-Unis, le boycott est très usité par les citoyens et encadré par la loi », rappelle Bulent Acar.

L’initiative française se veut bienveillante, mais ne manque pas de mordant pour autant. En l’absence de réponses de la marque ou si la réponse ne convainc pas les internautes, la campagne se poursuit. « Petit Navire n’a pas convaincu la première fois. Ils sont revenus des mois après et ont décidé de travailler avec Greenpeace. Là, les consommateurs ont été convaincus. Le boycott est levé », résume le cofondateur.

Appli et jeu de rôle

L’association lancera prochainement une application qui indiquera en temps réel dans la rue les enseignes sous le coup d’une action de boycott. « On pourra scanner les produits dans les supermarchés. Devant un magasin de vêtements, le téléphone pourra vibrer s’il existe une campagne en cours » promet Bulent Acar. L’organisation a également créé un « serious game », un jeu de rôle qui sert de support de formation à la consommation responsable dans les écoles ou entreprises engagées.

Pour sensibiliser les citoyens, les fondateurs s’appuient sur un réseau de 150 bénévoles répartis dans treize antennes locales en France, Suisse et Belgique. Ils espèrent réunir sur la plateforme entre 300 000 et 500 000 internautes d’ici la fin de l’année 2018. De quoi décrocher des victoires supplémentaires.

 

Le 27 février 2018


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