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Gogomitch : le transport d’objets trouvés entre particuliers

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Suite à une mésaventure, Marie-Astrid de Cazanove a créé Gogomitch, une plateforme de transport (pressés) d'objets entre particuliers. Le principe est simple : contre rémunération, un usager transporte vos affaires.

Le jour de notre rencontre, Marie-Astrid arrive tel un bulldozer, sourire rayonnant aux lèvres. Dix minutes avant de me rejoindre, la bonne nouvelle est tombée : elle a décroché une place dans le célèbre incubateur des « futures championnes de la French Tech », Paris Pionnières. Une intégration qui va donner un sérieux coup d’accélérateur à sa start-up Gogomitch. « Je vais bénéficier des conseils d’un tas d’experts reconnus, d’un super réseau et d’un avocat pour m’aider dans ma levée de fonds. C’est un vrai label qui rassure les investisseurs », explique la trentenaire.

L’idée de son entreprise est née d’une mésaventure. En 2013, la jeune maman rentre de ses vacances dans le Sud, avec sa fille de 2 ans. En arrivant sur son palier, elle réalise que ses clés sont restées à Aix-en-Provence. Stress, hébergement d’urgence chez des copains, serrurier… son étourderie lui a coûté 500 euros. « Fedex me demandait 900 euros pour m’expédier mes clés et La Poste ne pouvait pas réagir dans un délai aussi court. Il y avait un concept à créer : la livraison collaborative entre particuliers », lance-t-elle. Gogomitch voit le jour en 2015, en clin d’œil au héros d’Alerte à Malibu. Le principe est simple : utiliser le trajet de l’un pour assurer le transport de l’objet d’un autre. La commission est fixée par l’expéditeur en fonction du degré d’urgence, de l’encombrement de l’objet et de la distance à parcourir. Elle varie de neuf à une centaine d’euros pour des vols en avion.

Gogomitch homepage©
Gogomitch homepage©

La plateforme, elle, touche un pourcentage de 15 ou 20 % (si une frontière est traversée). « Les transporteurs agissent surtout pour rendre service. Ils font une BA et rencontrent souvent quelqu’un de sympa en bout de course », souligne-t-elle. De multiples doudous, passeports, guitares, pièces détachées de voiture ont ainsi été rapportés à bon port. À l’heure actuelle, dix mille personnes sont inscrites sur le site. S’il faut, pour le moment, renseigner son trajet pour savoir si notre aller-retour nous permettra de voler au secours de quelqu’un, une nouvelle fonctionnalité permettra bientôt de synchroniser les réservations effectuées sur les sites de voyages, à condition d’avoir donné son accord au préalable, bien sûr.

Jusqu’à présent, le parcours de Marie-Astrid est un sans-faute. L’ex-directrice commerciale a l’art de convaincre. D’abord, en quittant Danone en 2014, elle est sélectionnée pour participer au programme Danone for entrepreneurs. À la clé, un accompagnement par un consultant pour élaborer son business plan et sa stratégie de développement, des réunions tous les trois mois avec des spécialistes du marketing, des entrepreneurs et des banquiers. Un cursus de choc pour enrichir son carnet d’adresses. Et 10 000 euros de subventions. Quelques mois plus tard, elle décroche à nouveau 30 000 euros de subventions de la BPI, la Banque publique d’investissement. « Obtenir un prêt sur une simple idée est extrêmement rare. Mais tout le monde se reconnaissait dans ce service, y compris le banquier ! » reconnaît-elle.

Aujourd’hui, Marie-Astrid est épaulée par un directeur technique et une community manager. Elle sait qu’elle est à un tournant et que la pérennité de son entreprise se joue maintenant. Heureusement, elle a une énergie inépuisable, « un homme et deux enfants, véritable cocon d’amour qui me booste », et une vraie confiance en la vie. Avec toutes ces bonnes ondes, on lui prédit un bel avenir !

Le 2 juin 2017


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