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Globetrotteuse mais prudente ? Cette communauté de couchsurfing est réservée aux femmes

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Après avoir été agressée sexuellement par son hôte, Christina a décidé de créer La Voyageuse, la première communauté de couchsurfing réservée aux femmes. Son but : permettre à toutes de voyager solo et en toute sécurité, en dormant uniquement chez l’habitante.

Christina Boixière commence à voyager seule dès l’âge de dix-sept ans. C’est en visitant la Thaïlande qu’elle devient adepte du couchsurfing qui lui permet de tisser des liens avec les locaux. À vingt ans, elle décide de quitter Taïwan pour faire le tour de l’Europe. Un drame vient entacher son roadtrip : en Italie, elle est victime d’une agression sexuelle de la part de son hôte, pourtant choisi en fonction de ses bons commentaires sur le site couchsurfing. « J’ai refusé ses avances alors il m’a enfermé dans sa chambre. J’ai réussi à fuir en pleine nuit et je me suis retrouvée à 3 heures du matin avec mes valises, au milieu de Rome, à chercher un taxi ».

Couchsurfing féminin

Pour autant, Christina n’abandonne pas son périple, mais veille à ne dormir que chez des femmes. Elle partage son expérience avec d’autres voyageuses qui croisent sa route et réalise que toutes ont subi des mésaventures similaires ; une lui confie même avoir été violée par son hôte. La jeune femme en arrive à la conclusion que « le couchsurfing tourne parfois au sexsurfing pour certains hommes qui créent de faux profils dans le but d’abuser des voyageuses solos ».

Interface site web La Voyageuse – La Voyageuse©

Quelques années passent, Christina continue ses escapades, vit en Angleterre, puis s’installe en France. L’idée lui vient alors « pour sécuriser celles qui voyagent comme elle, seule et en dormant chez l’habitant », de créer une plateforme de couchsurfing uniquement féminine. Elle quitte son poste de directrice commerciale et La Voyageuse prend forme. « J’ai commencé avec mon mari qui est aussi cofondateur et s’occupe de la partie administrative et financière ». Aujourd’hui installé à Darwin, un community manager et deux développeurs ont rejoint l’équipe et La Voyageuse recrute un business développer. Après plusieurs tests, le site définitif est sorti il y a trois semaines. « On travaille à une version en anglais et une autre en chinois, car beaucoup de femmes asiatiques n’osent pas partir seules en vacances ».

Authenticité et sécurité

Chez La Voyageuse, hors de question de rémunérer les hôtes, car pour sa fondatrice, cela permet d’« assurer l’authenticité et de tisser du lien, à contrario d’Airbnb où l’appartement fait office de dortoir, où hôtes et touristes ne partagent rien ». Les voyageuses quant à elles, doivent s’acquitter d’un abonnement annuel de 119 ans. Les hébergements seront ensuite gratuits et les demandes illimitées. Pour garantir la sécurité, l’identité des membres est vérifiée en deux temps. D’abord avec un passeport. Puis par téléphone. Les avis de la communauté complètent également les profils. Actuellement, 550 hébergeuses sont inscrites sur La Voyageuse : « comme on est très exigeants sur la sécurité, c’est chronophage. On en valide une vingtaine par jour ».

La Voyageuse©

Pour se développer, La Voyageuse espère agrandir rapidement sa communauté et recherches des hébergeuses en France, première destination touristique mondiale avec 85 millions de visiteurs par an. « Mais le plus important pour nous, c’est d’œuvrer pour l’émancipation des femmes et l’égalité des genres. On veut permettre à toutes de voyager seules et en sécurité. Pour une Française, voyager en solo est un acquis, mais pour une Chinoise ou Malgache, c’est encore compliqué » conclu Christina. À terme, La Voyageuse souhaite reverser la moitié de ses bénéfices à des associations féministes.

 

Le 18 avril 2019


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