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Fairbooking : le circuit court de l’hébergement touristique

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Réserver ses hôtels via un site comme Booking, c’est pratique, mais les commissions prélevées par ces plateformes fragilisent les professionnels du secteur. Pour promouvoir un tourisme plus éthique, Fairbooking s’est lancé il y a 4 ans afin de mettre en relation directement voyageurs et hôteliers.

Et si voyager de manière plus équitable commençait déjà par le choix de la plateforme de réservation ? Passer par les grandes centrales telles que Booking, Hotels.com ou Trivago est devenu un réflexe pratique pour une majorité des internautes. Du côté des professionnels de l’hôtellerie, ces sites permettent de rendre facilement visible son établissement. Mais ils interrogent désormais — d’autant que ces professionnels ont été peu épargnés par ailleurs par la déferlante Airbnb…

« Les commissions pèsent très lourd sur la trésorerie des hébergeurs. Entre 15 et 30 % sont prélevés sur la réservation pour être visible sur le site », déclare Laurent Bougras, directeur de Fairbooking et inquiet de la mainmise des grands opérateurs sur le secteur. Face à ce constat, il veut défendre la réservation directement auprès des hébergeurs.

David contre Goliath ? « Oui, mais c’est David qui gagne à la fin », aime à rappeler le directeur.

Le site Fairbooking, qu’il a lancé, recense près de 4 000 offres de logement. Il permet d’agréger les chambres et de mettre en lien le voyageur avec le site de l’hôtel. « Nous couvrons 17 % en moyenne du parc d’hébergement traditionnel, affirme le fondateur.Tous les professionnels déclarés, hôtels, campings, chambre d’hôte, peuvent venir chez Fairbooking ». En échange d’une réservation directe auprès de l’hébergeur, celui qui voyage se voit proposer un surclassement, une réduction sur sa facture où bien offrir le petit-déjeuner.

Emplois locaux

Lancée en 2013 par des hôteliers nantais, la plateforme peine encore à essaimer en dehors de quelques professionnels et de voyageurs militants. « Les internautes ne pensent plus à réserver sur le site en direct, même si c’est moins cher. Pour le moment, ils ne perçoivent pas les aspects négatifs de ces plateformes », admet Laurent Bougras. Le directeur de Fairbooking dénonce aussi les pratiques fiscales contestables de ces grands acteurs : « c’est l’argent du tourisme qui migre vers les paradis fiscaux. Ce sont des emplois qui ne se créent pas alors qu’ils ne sont pas délocalisables. »

Alors que les géants de la réservation peuvent débourser des milliards d’euros en marketing et en mots-clés pour toujours apparaître en très bonne position sur les moteurs de recherche, des sites comme Fairbooking n’ont pas d’autre choix que de miser sur le bouche-à-oreille. L’association à but non lucratif Réservation en direct qui a développé le site, n’est financé que grâce aux cotisations annuelles de 250 euros en moyenne des adhérents hébergeurs. Elle s’est donnée pour mission de former les professionnels du tourisme à l’univers digital, d’informer sur les risques que représentent ces plateformes auprès des politiques et des territoires.

Coopérative touristique

« On met en garde les offices du tourisme. Ne priviligez pas Booking en plateforme de réservation parce que ça appauvrit votre territoire. Mais ils sont souvent déconnectés et trouvent ça même génial puisqu’ils touchent une rétrocommission. Pour zéro investissement, ils gagnent de l’argent. C’est tentant », fait remarquer Laurent Bougras.

Pour émerger, la plateforme Fairbooking veut évoluer et devenir une coopérative ouverte à l’ensemble des acteurs touristiques locaux tels que les bars, restaurants et sites culturels. L’idée : mutualiser les investissements informatiques, trouver de nouveaux financements et mieux s’armer face aux géants. David contre Goliath ? « Oui, mais c’est David qui gagne à la fin » aime à rappeler le directeur.

Le 9 mars 2018


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