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Fairbnb : une alternative éthique au géant Airbnb

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La coopérative Fairbnb veut se poser en alternative éthique face au géant de la location d’hébergement en ligne. Le principe de cette plateforme : une sélection scrupuleuse des appartements proposés, mais surtout, le versement de la moitié de ses bénéfices à des projets locaux.

Alors qu’Airbnb est dans le collimateur de plusieurs municipalités, comme celles de Paris ou de Barcelone, des groupes activistes constitués d’urbanistes, de développeurs et de chercheurs se sont réunis dans plusieurs villes européennes. De ces rencontres est née la coopérative Fairbnb. Son but : réduire l’impact négatif du tourisme de masse, créer une plateforme de location plus collaborative que ses concurrentes et qui participe au développement durable du territoire.

Pour Carlo Pesso, « Airbnb a fait augmenter les prix des loyers, ce qui a gentrifé et muséifié les centres des villes les plus prisées, en chassant ses habitants d’origine ». Celui qui a rejoint la coopérative au lendemain de sa création à Bologne, en Italie, continue : « on veut vraiment offrir une alternative éthique. Bien sûr qu’on ne résoudra pas totalement le problème de tourisme de masse, mais on souhaite proposer un choix, permettre aux voyageurs de participer au développement local ».

50% des comissions reversées

Ainsi, chez Fairbnb, l’accent est mis sur l’éthique. Les frais de commissions de la future plateforme seront identiques à ceux des plateformes concurrentes. Équivalente à 7,5 % du montant de la location, la moitié servira à financer un projet local — agriculture urbaine, sauvegarde du patrimoine, culture… – et sera reversée à une association, une collectivité ou une entreprise privée.

« Les hôtes, les vacanciers et les municipalités pourront voter pour ces projets » précise Carlo. L’idée de Fairbnb : connecter le voyageur avec l’endroit qu’il visite et relayer des petites initiatives méconnues du public. « Par exemple, un touriste qui louera un appartement via Fairbnb à Amsterdam pourra rencontrer la communauté locale et même aller visiter le projet qu’il a choisi de soutenir ».

Site Fairbnb©

Des coopératives dans toute l’Europe

Si la coopérative est née en Italie, le but est d’en essaimer rapidement d’autres sur les territoires. Car pour pouvoir mettre son appartement en location sur la plateforme éthique, il faut montrer patte blanche. « Un propriétaire ne peut proposer qu’un seul logement. Et nous le vérifions, d’où l’intérêt d’avoir des coopératives un peu partout, pour simplifier ces vérifications. On a introduit ce critère minimal, mais on va en développer d’autres. » Comme louer des accessibles aux personnes en situation de handicap, des aspects qui témoignent d’une plus grande attention, à la fois à l’aspect humain qu’à celui du progrès social.

Testé à partir du mois de mai dans cinq villes : Amsterdam, Barcelone, Bologne, Valence et Venise, les sociétaires tablent sur une ouverture du site au public en octobre prochain. « Là, on construit la plateforme et on s’attelle au développement d’alliances entre les groupes locaux. D’ailleurs, on collabore avec d’autres projets de tourisme éthique, comme les Oiseaux de Passage à Marseille, eux aussi en lancement ».

Membres de la Coopérative Fairbnb – Fairbnb©

Pour Carlo, « le concept est mûr et suscite énormément d’enthousiasme ». Tout à chacun peut rejoindre la communauté de Fairbnb pour prêter main-forte, de l’aide à la traduction en passant par l’animation des groupes locaux. Les futurs voyageurs et hôtes peuvent également se préinscrire. Près de 400 bénévoles font déjà partie de l’aventure. Et pour devenir sociétaire de la coopérative, le ticket d’entrée est fixé à 4000 euros.

Le 20 février 2019


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