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Face aux géants de l’occasion, Emmaüs développe son modèle de boutique en ligne et solidaire

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Avec Label Emmaüs, le mouvement de l’Abbé Pierre veut prendre le virage numérique tout en portant haut ses valeurs. La plateforme de vente en ligne s’enrichit d’une librairie et lance une campagne de crowdlending pour se développer sous la forme d'une coopérative.

Avec 350 boutiques sur le territoire, Emmaüs est le plus vieux et le plus grand réseau de vente d’objets d’occasion en France. Un réseau à visée solidaire avant d’être commerciale, puisque la remise en état et la revente des objets reçus en dons est effectuée par des « compagnons », qui reçoivent un toit et un salaire en contrepartie. Mais à l’heure de Price Minister et du Bon Coin, il était temps pour ce mouvement de faire évoluer son modèle pour s’adapter aux nouveaux usages.

« Les français ont pris l’habitude de chercher des objets d’occasion, de vendre et d’échanger des bien de particulier à particulier », explique Maud Sarda, cofondatrice de Label Emmaüs, une plateforme de vente en ligne qui s’appuie sur l’immense stock d’objets dont dispose le réseau. « Cela faisait plusieurs années qu’Emmaüs se demandait comment réagir face à l’arrivée de plateformes capitalistes très puissantes sur le segment de l’occasion »

Objets et livres en ligne

Mobilier, mode, multimédia, enfance, objets vintages : lancée il y a trois mois, la plateforme Label Emmaüs totalise plus de 1 000 commandes passées sur son site. Pas de quoi faire encore trembler les géants de l’occasion, même si depuis janvier elle fait également librairie en ligne, avec 15 000 livres référencés à moins de 5 euros. « On récupère les invendus et l’annonce se crée automatiquement à partir du code barre », détaille Maud Sarda.

equipe Label Emmaus
L’équipe installée à Montreuil. À droite, Maud Sarda © Label Emmaüs

Installée à Montreuil, l’équipe de 5 personnes développe un modèle commercial bien différent de celui d’Amazon. Ici, pas d’entrepôt géant à partir duquel expédier les produits. « Nous travaillons de façon décentralisée avec 25 boutiques Emmaüs. Nous nous chargeons de la vente, ils se chargent de l’expédition. » Chaque boutique partenaire est libre de mettre en ligne les produits qu’elle souhaite sur Label Emmaüs. « Pour développer la plateforme, il a fallu former les compagnons à la vente numérique, leur apprendre à remplir une annonce », raconte la directrice.

Pas de course au prix

Aujourd’hui certains compagnons se spécialisent dans les cartes postales, d’autres dans les vieux transistors… « Vendre en ligne permet d’écouler des objets très spécifiques qui ne trouvent pas forcément preneur dans les boutiques », juge Maud Sarda. Contrairement à certaines plateformes, les frais de ports ne sont pas offerts. « Quand c’est gratuit, c’est qu’on paie mal les gens ! » 

label

Plutôt que de jouer la carte du prix le plus bas, Label Emmaüs mise ainsi sur les produits rares et uniques et les valeurs du mouvement lancé par l’Abbé Pierre. « Derrière chaque vente, il y a des personnes en insertion qui sont hébergées et nourries, rappelle Maud Sarda. On ne va pas jouer la concurrence avec des particuliers qui vendent leurs biens sans charges sociales. »

Campagne de crowdlending

L’entreprise sociale a par ailleurs adopté la forme d’une coopérative dans laquelle chacun peut prendre des parts, notamment les boutiques partenaires. Lancée sur 1001pact, une campagne de crowdequity (investissement au capital) va permettre d’accélérer le développement de cette marketplace solidaire. Parmi les projets : ouvrir un entrepôt en Île-de-France pour récupérer et revendre du matériel professionnel destiné à être jeté. « C’est un marché encore inexploité qui intéresse beaucoup de startups », prédit Maud Sarda.

Le 30 mars 2017


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