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En misant sur l’économie circulaire, cette plateforme de produits high-tech connaît une croissance fulgurante

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En mettant en relation directement usines de réparation et consommateurs, Back Market donne un nouveau souffle au marché de l’électronique reconditionné. Pour développer son modèle, la startup vient de lever 7 millions d’euros.

Chaque année, 710 millions d’appareils électriques et électroniques neufs sont vendus en France. Avec des conséquences sur l’environnement désastreuses : un français produit en moyenne 22 kg de déchets « tech » tous les ans, dont très peu sont recyclés ou réutilisés.

C’est pour s’attaquer au problème que Vianney Vaute, Quentin Brouster et Thibaud Hug lançaient Back Market en 2014. Plutôt que de vendre des téléphones neufs, le site propose au grand public uniquement des produits électroniques réparés. Le tout à prix réduit et livré en 24h. « Notre modèle, c’est de passer des partenariats avec les usines de reconditionnement, pour vendre directement aux consommateurs », explique Vianney.

30 millions d’euros de chiffres d’affaire

3 ans après son lancement, force est de reconnaître que ce modèle est validé. Back Market a déjà vendu plus de 150 000 appareils reconditionnés par 130 usines partenaires. Entre 2015 et 2016, le volume d’affaires de la plateforme a été multiplié par 8 (des chiffres à relativiser tant elle partait, évidemment, de rien), atteignant 30 millions d’euros. « Nous sommes encore petits mais nous entrons en rupture avec un marché historiquement complexe et opaque – monopolisé par les opérateurs mobiles, les assureurs et déstockeurs », affirme Vianney.

Nous entrons en rupture avec un marché historiquement complexe et opaque – monopolisé par les opérateurs mobiles, les assureurs et déstockeurs

Back Market

Pour poursuivre cette croissance, la startup vient de lever 7 millions d’euros auprès de Daphni et Aglaé Ventures. Avec trois objectifs : consolider sa position de tiers de confiance entre les réparateurs et les consommateurs, développer son offre en introduisant de nouveaux produits réparés comme l’électroménager et accélérer son développement à l’international ( 30% de l’activité de Back Market s’effectue aujourd’hui en Allemagne, Espagne, Italie et Belgique).

Technologie et surconsommation

« La motivation première de nos consommateurs est de payer moins cher, juge Vianney. Mais adopter un produit qui a déjà vécu plaît aux gens car ils sont ravis de trouver des alternatives responsables. » Pour le cofondateur c’est bien dans l’alliance entre une consommation plus directe, moins chère et plus responsable que se trouve la voie à suivre. « C’est la même chose pour BlaBlaCar qui rationalise les flux de voiture tout en permettant de faire des économies », illustre-t-il.

Revendre des produits réparés ne fait pas tout pour l’électronique durable, reconnaît Vianney. « Google a abandonné son projet de smartphone modulaire, et créer le FairPhone a demandé un énorme travail. » Car à la différence de la nourriture ou des vêtements, l’éco-conception en électronique est un vrai challenge. « Sur la tech, on est encore à l’époque de la surconsommation : tout le monde pense qu’Internet est propre », conclut Vianney.

 

Le 29 mai 2017


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