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Contre l’isolement et la malbouffe, étudiants et seniors partagent des repas ensemble

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Enora Goulard parie sur la rencontre culinaire pour favoriser les échanges intergénérationnels. Elle a lancé Paupiette, pour que des étudiants viennent déjeuner chez des seniors. Vous reprendrez bien un peu de blanquette ?

L’expérience Paupiette a commencé il y a un an, entre Bordeaux et Quimper. Cette start-up sociale et solidaire connecte des seniors qui proposent des plats équilibrés, à des étudiants un peu fauchés qui saturent des paninis. Les prix sont fixes – logique solidaire oblige, et varient entre 4 euros pour un plat et 7 euros pour la formule entrée-plat-dessert.

Paupiette©
Paupiette©

« Le senior prend contact avec Paupiette par mail, courrier ou téléphone. On est encore petits, c’est artisanal », explique Enora. Il indique ensuite ce qu’il cuisine, combien il a de places autour de sa table et pour quelle heure. « Le modèle est très flexible, le senior peut cuisiner avec ses amis, inviter un ou quatre étudiants » rajoute la fondatrice qui définit Paupiette comme « activateur de lien ». Ainsi, 40 repas ont pour l’instant été partagés à Bordeaux, qui compte une centaine de membres actifs.

Une communauté plutôt qu’une plateforme

Un déjeuner Paupiette, c’est comme un dimanche chez Mamie. « Ce qui est rigolo, c’est quand les gens ont parfois le temps de flâner, de papoter. Une mamie échange ses recettes de cuisines, une autre prête de la musique » détaille Enora. Avant d’être une plateforme de mise en relation, Paupiette est un réseau de personnes. « On n’ambitionne pas de devenir complètement digital afin de rester une vraie communauté », revendique la fondatrice. D’ailleurs, la communauté bordelaise s’est déjà rencontrée pour un apéritif intergénérationnel.

On partage plus qu’un repas. Chaque moment est unique, on ne peut pas prévoir le déjeuner à part le menu.

Paupiette se veut aussi flexible : « la priorité va aux étudiants mais comme on est intergénérationnels, on ne va pas se fermer à une tranche d’âge », précise Enora. Les invités remplissent un questionnaire où leur motivations sont détaillées et les déjeuners sont organisés par affinités. Un étudiant peut par exemple demander à revenir déjeuner chez un senior avec qui il s’est bien entendu, ou partager autres choses qu’un repas.

De Quimper à Paupiette

Pour créer Paupiette, Enora s’est inspirée de son vécu. C’est en quittant sa ville natale et sa famille pour continuer ses études qu’elle prend conscience de deux choses : la difficulté de manger équilibré à un prix raisonnable, et l’isolement auxquels sont confrontés ses grands parents qu’elle ne voit plus autant. Isolés, ils cuisinent moins et sont exposés à la malnutrition.

Enora Goulard

La jeune femme repense à la grand-mère d’une amie chez qui elle allait déjeuner jadis lycéenne et l’idée de Paupiette germe, comme une réponse évidente à ces deux problématiques : « pourquoi ne pas faire du temps commun du midi un moment de convivialité, avec de bons petits plats en sauce ? ». Pour autant, le ton Paupiette n’est pas dédié à la complainte. Mélanger les générations créé une dynamique doublement positive. « Les étudiants trouvent une oreille attentive à leurs problèmes et cela éloigne les seniors de leurs soucis quotidiens. »

Âgée de 20 ans, Enora porte en plus de ses études, son projet à temps plein. Aidée par un bénévole et deux stagiaires, la communauté va prendre une nouvelle impulsion. En effet, les déjeuners intergénérationnels vont être testés à Paris au mois d’avril. Car dans la capitale comme ailleurs, l’isolement et la malnutrition des seniors est une réalité.

 

Pour contacter Paupiette

Sur Facebook : Paupiette ou paupiette.cuisine@gmail.com

Le 6 avril 2017


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