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Contre le business du deuil, une « coopérative funéraire » écolo et bon marché

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Souvent, les pompes funèbres poussent leurs clients à la consommation et surfacturent leurs prestation. À Nantes, des citoyens se sont rassemblés en coopérative pour proposer des obsèques éthiques à prix transparent.  

« Lorsque quelqu’un meurt, ses proches sont tellement affectés qu’on peut leur faire signer n’importe quoi », explique Sabine Le Gonidec, Cercueil, fleurs, soins mortuaires sont en effet parfois surfacturés par des entreprises de pompes funèbres, abusant de l’inexpérience et de la douleur de leurs clients. C’est pour proposer y remédier que Sabine Le Gonidec a cofondé avec Brigitte Brodin et Sophie Dronet la première Coopérative funéraire de France, à Nantes.

Très répandues au Québec ou en Angleterre, les coopératives funéraires offrent des prestations plus transparentes et adaptées à tous les budgets. La coopérative funéraire de Nantes rassemble 360 sociétaires venus du milieu de l’économie sociale et solidaire, des associations de retraités ainsi que de simples citoyens désireux de changer les pratiques du secteur. « Nous travaillons aussi en lien avec des associations telles que la Croix Rouge ou les petits frères de pauvres, pour pouvoir offrir des obsèques dignes aux plus pauvres », ajoute Sabine Le Gonidec.

Marges réduites et cercueils écolos

La différence avec une pompe funèbre classique ? La coopérative n’a pas besoin de chercher le profit à tout prix. « Nos obsèques de base sont à prix fixe, calculé sur un nombre moyen d’heures de préparation, explique la cofondatrice. Et surtout, nous faisons moins de marge sur les prestations annexes comme les cercueils onéreux, la thanatopraxie, les salons funéraires, que les pompes funèbres poussent souvent à acheter à des prix exorbitants. »

Les locaux de la coopérative funéraire.

Au delà des tarifs, la coopérative veut casser l’image des pompes funèbres pleines de marbre et de couronnes de fleurs. Les clients sont reçus dans un salon accueillant sans référence à la mort. Les cérémonies proposées peuvent aussi être civiles. « Beaucoup de gens pensent qu’on est obligé de passer par l’église mais ca n’est pas le cas, explique Sabine Le Gonidec. Nous prenons le temps de coconstruire avec eux un événement qui leur ressemble »

Enfin, un soin particulier est également accordé à l’écologie. Les cercueils, en carton ou en bois, sont fabriqués en France et dénués de vernis. Les capitons sont biodégradables. La coopérative propose aussi des tombes végétalisées et des monuments funéraires d’occasion.

Sabine Le Gonidec

Informer le grand public

Soutenue par la ville de Nantes et la région Loire-Atlantique, la coopérative funéraire a ouvert en octobre dernier. Elle a depuis accompagné plus de cent familles endeuillées. Si les membres de la coopérative bénéficient d’une ristourne de 10 % sur les prestations, il n’est pas nécessaire d’y adhérer pour bénéficier de ses services.

Sabine Le Gonidec espère que son initiative fera des émules en France. « Le plus important, c’est que grand public n’attende pas l’émotion du deuil pour s’intéresser au secteur, réfléchir à ses choix et acquérir une culture générale de ce marché particulier, explique-t-elle. Il y a vraiment trop d’agences profitent de leur position pour escroquer les gens. »

Le 25 juillet 2018


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