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Cette plateforme repère les compétences pro des réfugiés pour les connecter aux entreprises

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Recherche de candidats, validations de compétences, formation : Wero.io facilite la rencontre entre des réfugiés aux compétences souvent sous-valorisées et les marchés de l’emploi en tension. La startup devrait permettre à une centaine de personnes de trouver un stage ou un contrat en 2019.

L’histoire de Wero.io commence lorsque Theo Scluba, étudiant à l’ESCP Paris, rencontre des migrants syriens dans le cadre d’une journée organisée par son école. Parmi eux, des ingénieurs, des médecins, des journalistes : autant de talents dont le jeune étudiant se dit qu’ils sont gâchés, alors qu’en pleine crise des migrants l’image renvoyée de ces étrangers est plutôt négative. Avec Eymeric Guinet, il décide alors de fonder en 2015 Wintegreat, une association qui permet aux réfugiés de faire valoir leurs compétences et de se former afin de s’insérer par l’emploi.

« Notre objectif est de redonner vie au projet professionnel de ces travailleurs oubliés par le marché, explique Maxime Baudet, qui a depuis rejoint l’aventure. Et plusieurs entreprises, comme L’Oréal, se sont rapidement tournées vers nous pour recruter de nouveaux salariés. » Tous les réfugiés que Wintegreat accompagne ne trouvent pas un emploi, mais l’aide qui leur est dispensée leur est souvent utile pour obtenir le statut de réfugié, apprendre le français, faire des connaissances, etc.

500 profils sur la plateforme

À partir de 2017, les membres de Wintegreat se demandent comment aller plus loin pour rapprocher les réfugiés des entreprises à la recherche de salariés. Naît ainsi l’idée d’une plateforme qui permettrait de sourcer les talents pour faire rencontrer l’offre et la demande, baptisée Wero.io. « Pour faire remonter et “matcher” les compétences, nous avons mis en réseau les membres de Wintegreat, l’écosystème associatif, ainsi que les organismes et centres dédiés aux personnes réfugiées », détaille Maxime Baudet, qui a cofondé la plateforme. 

La plateforme a été conçue pour rendre le recrutement le plus simple et le plus sûr possible pour les entreprises. Chaque candidat est rencontré et formé individuellement afin que ses compétences soient validées. À l’arrivée Wero.io touche une commission pour chaque recrutement rendu possible. « Cela permet d’ajouter un nouveau mode de financement aux subventions que nous touchons déjà »

« On aimerait doubler le nombre d’inscrit et permettre à 50 personnes supplémentaires de trouver un travail d’ici fin 2019 »

Encore jeune, la startup compte déjà quelque 500 profils et a permis à une quarantaine de personnes de trouver un stage ou un emploi. « On travaille beaucoup avec Pôle Emploi et la Fédération bancaire mais sommes aussi en discussion avec Action contre la Faim, Intermarché et We Work. »

Contexte géopolitique

Incubée au sein de Sensecube, géré par l’organisation Makesense, Wero.io compte aujourd’hui 4 salariés à temps plein, contre 10 chez Wintegreat et de très nombreux bénévoles. « On aimerait doubler le nombre d’inscrit et permettre à 50 personnes supplémentaires de trouver un travail d’ici fin 2019 », ambitionne Maxime Baudet. La startup continuera de s’adapter au contexte géopolitique et aux nationalités des nouveaux réfugiés, « pour l’instant ce sont principalement des Syriens, des Afghans, des Soudanais et des Bengladais », finit Maxime Baudet.

 

Le 1 avril 2019


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