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Ces jeunes de cité ont offert des repas aux migrants et se sont filmés… On les imite jusqu’à Berlin !

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Distribuer des repas aux migrants et aux SDF puis nominer sur Facebook des amis pour qu’ils fassent de même : c’est le principe collaboratif du « Grand Défi ». Lancé à Sarcelles par une bande d’amis, il se duplique depuis un peu partout.

Fire Challenge, Neknomination, Ice Bucket Challenge…Ils se sont inspirés des défis nés sur les réseaux sociaux – se filmer entrain de relever un challenge, poster la vidéo et désigner ensuite un ami qui devra faire de même – pour créer Le Grand Défi. Solidaire, ce défi là mise sur l’entraide envers les populations les plus fragiles : migrants, SDF, etc.

« Tout a commencé fin septembre, quand on a partagé le premier challenge, explique Mara. Malik, un ami révolté par les conditions de vie des migrants installés à Stalingrad – dans le XIXème arrondissement de Paris – nous avait réuni. Nous ne voulions pas rester impuissants et très vite l’idée de préparer des repas et de les distribuer s’est imposée ». Pour avoir de l’impact et que leur action ne soit pas isolée, ils s’inspirent du succès des défis Facebook et comptent sur la nomination pour contaminer leur entourage.

De Sarcelles à Berlin

Chargement de Reims à Sarcelles
Chargement de Reims à Sarcelles

Avec l’aide de leur quartier, les amis autofinancent les achats de nourriture, cuisinent 150 repas et assurent leur distribution. Ils se filment, postent la vidéo et nominent des potes d’autres quartiers, qui reproduisent à l’identique le Défi. La chaîne est née. Le Grand Défi se duplique et les média relaient l’initiative. Rapidement, les nominations quittent la banlieue parisienne. « Ça nous a vite dépassé, confie Mara, qui ne sait pas exactement combien de fois le Défi s’est dupliqué. Personne ne s’attendait à un tel succès. C’est arrivé dans des quartiers d’Amiens, de Marseille, de Saint-Etienne et même, à Berlin et à Londres ! »

« Ce mouvement fédère jeunes et retraités, actifs et chômeurs, car il repose sur l’entraide, l’amour et l’investissement personnel » juge Mara. À 29 ans, il vit à Sarcelles et a grandi à Villiers le Bel. Animateur à Pierrefite et écrivain à ses heures perdues, cet enfant des cités est chargé de la communication autour du Grand Défi. Modeste, il confie vouloir simplement « exporter la solidarité des quartiers sur la capitale et la France entière » : «  On ne le sait pas quand on n’y vit pas, mais dans un quartier l’entraide est partout. » D’ailleurs, pour le premier des Grand Défi, tout le monde a mis la main à la pâte – et au portemonnaie. Les mères ont cuisiné, les commerçants ont donné, ceux qui avaient une voiture ont fait les coursiers pour livrer les repas.

De l’autofinancement à une vraie structure

« On n’a pas vraiment de ligne directrice, on s’adapte et on s’organise par rapport à ce qu’on voit, ajoute Mara. Au début, les besoins n’étaient pas les mêmes. La nourriture « suffisait ». Avec l’hiver, il a fallu répondre à d’autres besoins. Le Grand Défi s’est aussi mis à organiser des collectes de vêtements chauds, de couvertures en partenariat avec d’autres Associations comme le Croix Rouge.

Aujourd’hui, le noyau dur essaie de se structurer pour grandir et devenir pérenne. Devenir une asso, obtenir un statut… « On est juste un groupe de pote qui s’est rassemblé car on a été sensibles à cette cause. On n’a pas de structure, on sort 10 euros par ci, 5 euros par là. Du coup, c’est difficile de grandir rapidement. » Composée d’une quinzaine de personne, l’équipe n’est pas encore unanime sur tous les choix à faire pour l’avenir. Un autre grand défi.

 

Le 16 février 2017


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