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Pour une autre agriculture, Bluebees parie sur le crowdfunding

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Cette plateforme de crowdfunding permet aux internautes de placer leur argent dans des projets agricoles innovants et respectueux de l'environnement. 1 million et demi d'euros ont déjà été collectés.

« Il y a un vrai problème de modèle agricole en France. Les banques ne prêtent pas aux initiatives innovantes et préfèrent financer de gros tracteurs ou des pesticides », estime Emmanuelle Paillat, la directrice de Bluebees. Fondée en 2012 par Maxime de Rostolan, cette entreprise sociale entend changer l’agriculture grâce au financement participatif.

« Notre idée, c’est d’impliquer les citoyens dans leur alimentation de la fourche à la fourchette ». Pour cela, Blue Bees collecte les dons des internautes afin de financer des projets d’agriculture durable. Et ça marche : en quatre ans d’existence, le site a déjà financé 69 projets pour un budget total de 1 400 000 euros.

Agriculture open-source

C’est ainsi que l’Atelier Paysan, une coopérative qui fabrique des machines agricoles open-source, a pu récolter 21 000 euros pour financer son atelier mobile. Ou que Émilie, dernière bergère de l’île d’Yeu, a pu bâtir un hangar pour protéger son foin et sauver son exploitation grâce aux 28 000 euros offerts par la communauté.

« C’est compliqué de rembourser un prêt quand on gagne seulement 1 000 euros par mois. C’est pour ça que le crowdfunding est un outil aussi intéressant pour de petits investissements », explique Emmanuelle Paillat. D’autant plus que l’agriculture est un domaine où il est très facile d’offrir des contreparties. La bergère de l’île d’Yeu a ainsi reçu des dons de 100 euros en moyenne en échange de ses mitaines et pulls tricotés à la main.

Mieux rémunéré que le livret A

« Les campagnes de dons tournent autour de 10 000 euros. C’est bien mais un peu limité si on veut se diversifier et investir dans des machines pour transformer ses produits ». En plus des dons, la plateforme permet donc de prêter de l’argent aux porteurs de projets avec à la clé entre 2 et 3 % d’intérêts. « C’est un peu risqué mais c’est de la finance solidaire. La rémunération est en tout cas bien supérieure au livret A, qui lui stagne autour de 0,6 % ».

Bluebess
Capture d’écran © Bluebees

De plus, le site ne se limite pas à la France et permet de financer la transition également dans les pays du Sud. C’est ainsi que Sandrine Zongo a emprunté 20 000 euros en 2014 pour développer la culture d’oignons au Burkina Faso. Une somme qu’elle a remboursé en seulement 10 mois et qui fait désormais vivre une centaine de paysans.

Pour se financer le site, le site prend une commission de 5 à 8 % sur les sommes échangées. Un montant qui permet tout juste de salarier 1 personne et de rémunérer deux stagiaires. « Mais avec le nombre de projets que l’on reçoit, nous allons pouvoir embaucher cette année ! ».

Le 29 juillet 2016


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